MARILYN MANSON : Mechanical Animal

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Origine : USA
Date de sortie : 1998
Label : NOTHING RECORDS
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Il y a des artistes qui considèrent que la création doit se faire en fonction de ce qu’attend leur public. Décision qui semble honorable si tant est que l’on souhaite en vivre et continuer comme ça des années durant. Et il y a ceux qui font ce qu’ils ont envi de faire et qui considère qu’un artiste est là pour bousculer les choses et que l’art dérangeant est celui qui marque le plus les esprits et qui, in fine, est beaucoup plus porteur et vendeur que l’autre. A ce jeu, MARILYN MANSON et sa trilogie ANTICHRIST SUPERSTAR, MECHANICAL ANIMAL et enfin HOLY WOOD a prouvé que provoquer et choquer les gens pouvait permettre d’une part à l’artiste de faire ce qui lui plait vraiment mais aussi se remplir méchamment les poches. Retour sur un album devenu légendaire.

Lorsque la tournée d’ANTICHRIST SUPERSTAR s’est achevée, le groupe décide de quitter la Floride et de s’installer pleinement à Hollywood, Californie et débute quasiment dans la foulée l’écriture et le pré travail pour son prochain album, le second volet de la trilogie que MANSON vie corps et âme, MECHANICAL ANIMAL.

MANSON déclare à la presse fin 1987 que cet album est bel et bien un concept album où se mêlent une dualité extrêmement complexe. D’un côté nous avons ALPHA, la Glam Rock Star toxico des plus classique (self portrait de MANSON lui même), de l’autre OMeGA, extraterrestre hélas capturé et où les expériences humaines le rendent frontman d’un groupe de Rock, les MECHANICAL ANIMALS et contraint de devenir une Rock Star.

L’album bénéficie d’une dicotomie parfaite puisque 7 titres sont du point de vue de OMeGA, les 7 autres étant celle de ALPHA. Quand bien même la presse s’emparera d’un débat de savoir qu’est ce donc que cet album, la plus simple explication est à chercher depuis ANTICHRISTMANSON voit son concept et son ressenti tel une tentative de renaissance sur terre. Si bien que MECHANICAL ANIMAL est en quelque sorte le chemin initiatique et la recherche totale d’une tentative de renaissance physique et morale. Autours des titres très nihilistes le sujet de la drogue et de la déchéance humain, notamment vue par les yeux d’un alien, sont exceptionnels et donnent là un album juste simplement jugé comme Fantastique.

Tout débute avec GREAT BIG WHITE WORLD, titre « lent » qui explose comme une fleur repend son pollen et où les paroles défoncent quasiment tout ce qu’avait pu faire MANSON jusqu’à cette époque. Titre très personnel de l’artiste il est encore à ce jour celui qui lorsqu’il est interprété sur scène rend dingue des salles entières. GREAT BIG WHITE WORLD où comment nommer la perfection autrement disait NAVARO dans une interview.

THE DOPE SHOW est un des titres les plus glam façon british 70’s sorti de tous les temps. Très BOWIE, très T-REX, ce titre est excellent et il est la première introduction de OMeGA dans l’espace MECHANICAL ANIMAL. Ce sera un tube et un clip juste sidérant où MANSON joue justement cet alien. Ces deux titres sont quand même du lourd pour démarrer un album mais MANSON sait parfaitement où il va et le reste de l’album n’est qu’une progression pour finir magistralement par un des plus grands morceaux de l’artiste COMA WHITE.

Que ce soit le titre éponyme, l’excellent ROCK IS DEAD (que l’on retrouve sur la B.O. de MATRIX notamment), DISASSOCIATIVE (encore un titre au relent GLAM 70’s divin) on se retrouve plongé dans un univers qui vous imprègnera encore plus au casque, croyez en votre serviteur. SPEED OF PAIN est un morceau des plus BOWIE qui tend même parfois vers un air que n’aurait nullement renié PINK FLOYD.

Avec une telle progression et des paroles qui s’étalent dans une crasse abjecte (non mais ne croyez pas que c’est négatif hein ?) OMeGA et ALPHA tirailles l’ANTICHRIST né qu’est MANSON mais la suite explose littéralement tous les concepts albums approchant ce genre de dualité. POSTHUMAN & I WANT TO DISAPPEAR agissent en tremplin vers un titre qui a clairement fait date dans l’histoire du rock, je veux parler bien évidemment du I DON’T LIKE THE DRUGS (but the drugs like me). Servit par un clip des plus osé, et censuré, MANSON s’est surpassé sur ce titre composé par TWIGGY & ZUM. Aucune faute, aucun défaut, le titre nous emporte une nouvelle fois vers ce GLAM, « glitterisé » à l’extrême.

NEW MODEL N° 15, FUNDAMENTALLY LOATHSOME achève l’entendement d’un album démesurément barge, frappé mais tellement audacieux. Et quel lancement subjuguant vers le chef d’œuvre de MARILYN MANSON, de toute sa discographie probablement, COMA WHITE. Oui, ce clip où le révérend singe l’assassinat de KENNEDY, au coté de ROSE Mc GOHAN (avec qui il était à l’époque). Oui ce titre là. Quel final, quelle puissance. Egalement un des grands moments live, couplé à sa « suite » COMA BLACK qui lui sortira sur HOLY WOOD (touche finale d’une trilogie divine) fait parti incontestablement de l’expérience scénique que bien des fans n’ont pas oublié et … n’oublieront pas de si tôt.

Que dire de plus sur cet album qu’il est le plus belle hommage au Rock Glitter, au Glam des 70’s et qu’avec un tel boulot et une telle qualité d’éctiture, textes par MANSON, musique par RAMIREZ, ZUM, GACY, il en est même devenu un des plus grands albums.

Au milieu de cette triologie, ANTICHRIST, MECHANICAL, HOLY WOOD, MANSON aura poussé jusqu’à l’extrême ce qui dérange et ce que les gens n’osent voir de la société dans laquelle ils vivent.

Au final, MECHANICAL ANIMAL est une satyre, une critique, une revendication féroce de notre vie. Associés aux mots de MANSON, c’est devenu une œuvre d’art.

 

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