ILOUS – SOTO – SALAN : Le Ferrailleur, Nantes

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Date : 14/04/2014
Salle : Le Ferrailleur
Affluence : 300
Coup de Coeur :
Chronique :
Patrick
1

12 ans après avoir délivré son premier et seul show acoustique en France sur la scène intimiste de la Balle au Bond, clôturant ainsi trois soirées mémorables ( Queen, JSS et Acoustique), Jeff Scott SOTO, le couteau suisse du Hard Mélodique refait une halte dans l’hexagone lors de cette tournée européenne acoustique de 14 dates où il partage l’affiche avec Terry Ilous ( XYZ, Great White ) et Jorge Salan ( Mago de Oz, JSS, Robin Beck ).

Ironie de l’histoire, c’est au moment même où Jeff sort surement l’album le plus Metal de sa carrière ( Hormis les parenthèses Bakteria et Kryst The Conqueror sortis sous des pseudos), l’excellent mais virulent Inside The Vertigo, qu’il se lance dans une tournée acoustique. On ne peut malheureusement s’empêcher de penser que les logiques économiques l’emportent bien évidement sur les logiques artistiques, les maisons de disques ayant maintenant plus vocation aujourd’hui à distribuer des albums clé en main qu’à financer des tournées, obligeant certains artistes un peu plus confidentiels à se lancer dans ce type d’aventure low-cost pour qu’ils continuent à essayer de vivre (survivre ?) de leur art.

En cette soirée de Saint Valentin, ce sont donc des amoureux de tout poils qui vont sacrifier leur dîner en tête à tête et braver les embruns sur ces quais de Loire , pour remplir Le Ferrailleur, une salle faite pour le Rock’n Roll, venant redonner un souffle de vie à l’ancien Hangar à bananes.

C’est L.A. Chords, groupe local , à qui revient l’honneur d’ouvrir le bal, malheureusement un soucis logistique fera que je ne verrais que la fin de leur set , une reprise de « More than Words » d’Extreme ne me permettant de juger objectivement de leur prestation même si j’ai beaucoup apprécié le grain de voix du chanteur.

Très rapidement Jorge Salan, prend possession de la scène avec sa guitare électro-acoustique futuriste, presque timidement il demande la permission de pouvoir jouer en solo 3 morceaux. Sans attendre la réponse il enchaine » Doom and Gloom « des Stones, un instrumental de Paco de Lucia et « The Thrill is Gone » de B.B. King faisant admirer une subtilité dans son toucher de guitare et dans sa voix que ses sets en première partie de JSS en 2013 ne laissaient pas entrevoir, tant sa course aux décibels avait pris le pas, là, livré à lui même, seul sur scène il m’a vraiment surpris et réconcilié avec son potentiel.

Terry Ilous arrive souriant comme d’habitude, en clamant haut et fort qu’il est heureux d’être ici en France et qu’il est très fier d’être français, il le prouve jusqu’au bout en empoignant une superbe électro-acoustique Godin. Terry n’est surement pas étranger au fait que cette tournée fasse 3 étapes en France. Il va enchaîner les titres de XYZ revisités pour l’acoustique, il commence par « Comme On And Love Me » , même si ce titre ne m’a jamais transcendé , Terry fait admirer  son grain de voix très bluesy qui a fait de lui quelqu’un d’à part, outre le fait qu’il était le seul français, au milieu de tous ces chanteurs talentueux (pour certains seulement) de la vague Hair Metal de la grande époque MTV de la fin des 80’s, ce qui lui a permis de remplacer avec au pied levé Jack Russel dans Great White. Il enchaîne ensuite avec « When I Find Love » et « After the Rain » , deux ballades déjà  quasi acoustiques sur album. Il dédiera la première qu’il avait écrite pour sa seconde épouse, à Lorie de Run To The Stage, la dynamique et sympathique association à qui nous devons ce concert pour 12€. Il rappelle que XYZ a tourné avec les plus grands , et que lors d’un concert avec Foreigner , Mark Giglio le guitariste de l’époque, après avoir sur-abusé de boissons diverses et variées s’était retrouvé allongé dans le caniveau, de là était né un standard du groupe Franco-Américain, « Face Down in the Gutter » , sur ce titre on retrouve un Terry qui pousse sa voix cristalline quand au bon vieux temps du Hair Metal et j’avoue c’est terriblement jouissif. Arrive un moment très particulier, Terry rend hommage à une très grande voix du Hard Rock, quelqu’un qu’il l’a aidé et conseillé quand il a démarré à L.A., avec humour Terry précise aussi qu’il appréciait particulièrement ce chanteur qui avait aussi la grande qualité d’être plus petit par la taille que lui, ce qui n’était pas facile de trouver s’esclaffe t’il. Avec une intro hispanisante, Jorge et lui se lance dans une version émouvante et sensible de « Heaven & Hell ». Pour poursuivre Terry évoque qu’aujourd’hui, après avoir relancé XYZ en 2008 au Rocklahoma, il officie aussi depuis 2010 dans Great White, et alors que l’audience lui réclame à corps et à cris House of Broken Love , il démarre un Once Bitten Twice Shy des Mott The Hoople que les américains , spécialistes des covers alors qu’ils ont tellement de bons morceaux, ont immortalisés aux Etats Unis. Invitant Mathieu, un sympathique membre du public qui avait signifié bruyamment son amour pour ce titre et qui se révélera un très bon chanteur, Terry en profite aussi pour faire chanter le public sur ce morceau qui s’y prête bien et au refrain entêtant . Pour terminer, Terry remercie son compère français de galère Pat Fontaine avec qui il composait des titres en dix minutes sur un coin de table pour obtenir un deal avec une major. Un soir en attendant de jeunes et charmantes demoiselles qui allaient débarquer d’une minute à l’autre dans leur appartement, la situation leur suggéra d’écrire une composition pour laquelle si j’avais eu le moindre doute sur le sens , je ne l’ai plus , « Inside Out ».Entonné à la grande joie et surprise de Terry , cet hymne  clôturait à merveille ce moment avec celui qui a réussi en traversant l’Atlantique mais qui n’as pas oublié ces racines ne menaçant sans cesse de faire Tata Yoyo et reprenant le refrain de la Simca 1000, si ce n’est pas roots cela , bon terriblement vintage , mais roots quand même.

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 Le Ferrailleur, comme beaucoup de clubs maintenant , se transformant en discothèque pour la fin de soirée, les concerts doivent se terminer pour 23:45, Terry zappera malheureusement « What Keep Me Loving You » prévu sur la set list, et c’est bien dommage tant j’aime ce titre.Terry appelle Jeff sur scène pour l’introduire comme il dit , vu l’hilarité générale il se rend compte que le terme peut prêter à confusion et en rigole, il le traduit à Jeff qui comme d’habitude arbore un grand sourire. Jeff connaissant bien le niveau d’anglais des français demande à Terry de rester sur scène pour officier comme traducteur car il a ce soir plein de Jokes , et il aimerait qu’on les comprennent, Terry décline car il a des amis ( amies ? ) backstage, Jeff dit que c’est bien le problème car en cette soirée de Saint Valentin Terry a des amis ( amies ? ) et lui il lui reste juste Jorge , rigolade générale, Terry quitte la scène en nous disant de rire poliment dès que Jeff dira quelque chose, ce qui bien sur amuse Jeff, qui sur ces mots démarre une version de Mysterious avec des lignes de chants revues. Jeff comme à son habitude surprend ceux qui ne le connaissais pas et rassure ( comme si il en avait besoin ) ses fans ( dont votre serviteur fait partie vous l’aurez deviné ). Ce tube de Talisman superbement exécuté est immédiatement suivi par le très AOR , « Eyes Of Love » , titre éponyme de son second album solo, ce titre se prête très bien  à ce genre d’exercice, et la voix si particulière de Jeff qui laisse exprimer sa rondeur, sa chaleur, sa puissance sur les lignes hyper mélodique de ce morceau. Jeff veux faire un détour par Beautifull Mess, album dit-il que l’on adore et d’autres déteste selon lui, mais dont la ballade « Broken Man » dans ce contexte est imparable, et résonne particulièrement pour lui ce qui donne une dimension émotionnelle supplémentaire au morceau.

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Arrive l’incontournable moment d’un concert de  JSS que ce soit en JSS, en S.OT.O., en Soul SirkUs, en W.E.T., et bien en Talisman, « I’ll be waiting » , avec sa nouvelle intro très lente, et qui donne l’occasion de faire chanter le public, mais bon nous sommes en France alors Jeff se moque de notre Yaourt sur le refrain , puis il arrivera bien sur à nous faire entonner « Hey Motherfuckers » , j’ose croire quand même qu’il savait que nous comprenions ce coup çi . De son propre aveu, même si il n’est pas le plus approprié à ce genre d’exercice, Jeff tenait à faire un détour par son nouvel album avec un « When I’m Older » assagi, qu’il se rassure,même si cette année il va franchir le cap de la cinquantaine, ce n’est pas son cas pour lui , bien que le voir rester assis pendant tout un set ça surprend. Déjà la fin du set de Jeff il zappera pour les raisons déjà énoncées plus haut «Comes Down Like Rain » de W.E.T. et « Don’t Let It End » d’Yngwie Malmsteen , il rappelle Terry qu’il soupçonne d’être à l’endroit d’aisance, et pour le faire venir démarre quelques notes et paroles de « Another Thing Coming » , et dès l’arrivée de notre français, Jeff et Jorge plaquent les accords de « Livin the Life ». Ce morceau issu de Bande Originale du film Rock Star , où Jeff partage les vocaux du groupe fictif Steel Dragon avec l’excellent Milijenko Matijevic (SteelHeart) , accompagné par un groupe de la mort Zakk Wylde (Ozzy, Black Label Society), Jeff Pilson (Dokken, Foreigner) et Jason Bonham (Airrace, Bonham,Led Zeppelin, Foreigner, Black Country Communion ), et, cerise sur le gâteau morceau écrit par Steve Plunkett (Autograph) et Peter Beckett ( Player,Peter Beckett), excusez du peu. Malgré tout cela , Jeff aura attendu 12 ans pour l’inclure à ces sets sur la dernière tournée électrique et là maintenant en acoustique , et étonnement ce morceau n’en ai que meilleur , comme disent les ancêtres ça bastonne dur en électro-acoustique, quelle claque,et  fait que ce morceau devient un standard en live. 6 titres et c’est terminé, autant dire de l’infiniment petit dans la carrière de ce chanteur ayant enregistré ou participé à pas moins de 1000 titres, mais ne boudons notre plaisir.

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Le moment est venu pour les 3 compères de rentre hommage à leurs racines. Après avoir entonné Frère Jacques avec le public car c’est la seule chanson française que les petits américains de cette génération apprenaient à l’école, et bien générés l’hilarité générale, Terry et Jeff s’attaquent à une montagne , Purple Rain du kid de Minneapolis (titre déjà repris par Jeff sur un EP live acoustique il y a 20 ans). Les deux grains de voix se mélangent et se complètent à merveille et font comme toujours  passer un frisson indscriptible sous les tee shirts noir délavés d’un public déjà acquis .Jeff, à ma connaissance est un des rares qui peut se permettre devant un public de graisseux de faire du Disco-Funk-Fusion sans que ne s’élève le moindre sifflet de l’assistance. Ce morceau exigeant torture les voix de nos deux compères , mais ils ne s’étaient pas attaqué à cette olympe par hasard , comme d’habitudes ils assurent. Après ce moment d’anthologie , ils décident de jouer un morceau des Beatles qu’ils n’ont jamais joué, ni répété, c’est donc au prompteur qu’ils terminent sur « With a Little from My Friend », version Joe Cocker, ce morceau laisse libre champ à toutes les prouesses vocales débridées et à une participation unanime du public , Jeff nous gratifiera comme il sait le faire d’un petit refrain en voix Death, c’est sur cette osmose que se clôture cette soirée après 2 heures de show du trio.

Tournée low cost, mais concert plein de générosité et de chaleur , comme d’habitude pourrais dire. Ces grands artistes retrouvant juste après le concert leurs fans , anciens ou nouveaux, pour des dédicaces, photos ou simplement des mots gentils pour les uns et les autres, ironie de cette époque et du contact direct des artistes avec leur public, on peut trouver sur leur stand des raretés « sold out » qu’ils ont ressorti des cartons et qu’ils partagent avec leur public afin que tout cela ai une suite , et une suite on en veut une car un soirée comme celle là est de loin un plus beau cadeau pour nos Valentines, qu’un dîner , certes aux chandelles, à la pizzeria du coin de la rue.

Merci à Pat d’avoir aimablement accepté de chroniquer ce concert pour Sleaze This City. Photos & Vidéos (c)Pat.

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