NIGHT RANGER : London (O2 Academy Islington)

2015-03-19_550ac3cc12bab_NR0.png
Date : 12/03/2015
Salle : O2 Academy Islington - London
Affluence : 800
Coup de Coeur :
Chronique :
PATRICK
1

Depuis 4 ans, Night Ranger après avoir boudé l’Europe, fait escale sur le vieux continent profitant de l’invitation de festivals pour faire une date one-shot. Pour la troisième fois ils ont élu domicile à l’O2 Academy Islington, une salle dédiée Rock, au nord de Londres à deux pas de la gare de St Pancras.

Est ce l’absence de Joel Hoekstra qui après 7 ans de bons et loyaux services a décidé de remplacer Doug Aldrich chez le Serpent Blanc ?, est ce le fait que ce concert commence de façon incompréhensible et inexpliquée 2:15 après l’ouverture des portes ?, est ce le fait que Brad Gillis a troqué ses superbes bottes mexicaines rouges contre des Converse quelconques ? est le fait que le son est très loin d’être parfait ? est ce le jet lag ? ou les cinq raisons à la fois mais ce concert a bien du mal à démarrer.

Après avoir aligné les tubes «Touch Of Madness», «7 Wishes» et «Growin’ Up In California», issu de l’’album éponyme sorti en 2011 et qui dorénavant fait partie de toutes les set-lists du groupe, Jack Blades salue enfin le public, annonçant fièrement que comme il n’y a pas de première partie , ils vont pouvoir jouer très longtemps et se faire plaisir, et faire plaisir aux 600 fans présents. Malheureusement à cause du démarrage tardif et de contraintes de temps , ils seront obligé de squeezer 5 titres de la set-list, c’est bien dommage. Ce n’est pas l’arrivée de Kelly Keagy au chant sur le sublime «Sing Me Away», rappelant que Jack n’avait pas attendu Deen Castronovo pour partager avec bonheur le chant avec un batteur, ni le très Hard et improbable «Can’t Find Me a Thrill» sorti des cartons de Dawn Patrol qui feront décoller l’ambiance. Jack qui est un entertainer de première le sent bien, et en bon professionnel il va inverser le cours des choses.

Il y a une tradition chez Night Ranger, c’est de rendre hommage aux carrières de chacun, et plutôt que d’attendre Jack préfère anticiper et présenter leur nouvel acolyte, pas si nouveau que cela d’ailleurs puisqu’il remplace Joel depuis 2012 quand ce dernier, en fin d’année part en tournée avec le Trans Siberian Orchestra. Keri Kelli, un curriculum long comme un jour sans pain, dans la seconde torture sa Gibson avec les riffs de «School’s Out», d’une puissance comme je ne les ai jamais entendu même chez Alice Cooper. Cela a du le libérer car ensuite le concert bascule dans une autre ère. Un rageur «Four In The Morning» qui suit a perdu son côté pop et que dire de l’époustouflant «Coming Of Ages» qui rappelle que Jack à fondé l’un des premiers Super Groupes et avec quel bonheur. «St Bartholomeuw» qui ne restera pas à la postérité est sauvé par la paire de guitaristes qui s’entendent de mieux en mieux, Brad Gillis en fait des tonnes concurrençant Reb Beach dans le concours de grimaces mais en moins psychopathe quand même, charmant toujours au son auditoire par son jeu flamboyant. Le public déjà acquis ne se fait pas prier pour suppléer un Kelly aux anges sur «Sentimental Street», qu’une panne de claviers va venir interrompre même si Brad a le plus grand mal à arrêter Kelly.

Ne voulant pas s’en laisser compter et attendre un hypothétique dépannage, il remartèle son kit de batterie obligeant ses comparses hilares à le suivre dans ce final inédit. La joie communicative des californiens fait son oeuvre et permet de sublimer un «Night Ranger» qui même si il est emblématique n’en reste pas moins dispensable. La tradition ça a du bon, Brad raconte alors comment il avait été recruté par Ozzy pour remplacer le regretté Randy Rhoads , vous vous en doutez , il croyait que c’était une blague au téléphone, par contre ce qui n’en ai pas une, c’est la version atomique de «Crazy Train» derrière. Un petit tour par le dernier album , la version de «High Road» est aussi bondissante que Jack depuis le début de ce concert. «Don’t Live Here Anymore» aurait du être un moment faible de ce concert mais la voix la voix de Kelly qui se sublime et les duels de nos deux six cordistes font que ce fut un grand moment. un concert de Night Ranger n’est pas réussi sans «Eddie’s Comin’ Out Tonight» car les breaks de ce morceau permettent à un Jack très théâtral de jouer avec ses petits camarades, et rien que pour cela.

Avec «High Enough» , on touche au divin , en fermant les yeux on pourrait croire que Tommy Shaw est sur scène, car par magie le son est meilleur et le groupe transforme cette ballade en brulôt metallique . Alors que nous ne sommes pas encore remis, petite surprise du chef un cover power vitaminé du «The Boys Of Summer» de Don Henley .Le régisseur fait alors son apparition et demande à Jack d’écourter encore , sacrilège. Ironiquement c’est le moment de «Goodbye», et heureusement il reste le final de la mort enchainé sans rappel, l’entrainant «When You Close Your Eyes» , le cataclysmique «Don’t Tell Me You Love Me» qui clos d’habitude le set et vous laisse complètement rincé , un «Sister Christian» tout en subtilité avant l’ultime «Rock In America» condensé de tout ce qu’est Night Ranger, des mélodies imparables , des breaks, des riffs acérés et des solos en duels courts mais inspirés.

Keri Kelli a rassuré tout le monde sur sa légitimité dans le groupe laissant libre court à sa folie par rapport au rock feutré de John Waite.

Ce concert n’égale pas dans l’intensité celui délivré l ‘an passé à Milan au Frontiers Rock Festival, mais il aurait été légendaire si les 26 morceaux avaient été joués.

Cela dit un concert de Night Ranger reste toujours un grand moment de bonheur et de folie, et beaucoup de leurs contemporains devraient s’inspirer du Hard Rock festif de ces soixantenaires car cela conserve plutôt bien les musiciens comme le public.

Set List :

Touch of Madness
Seven Wishes
Growin’ Up in California
Sing Me Away
Can’t Find Me a Thrill
School’s Out (Alice Cooper cover)
Four in the Morning
Coming of Age (Damn Yankees cover)
St. Bartholomew
Sentimental Street
Night Ranger
Crazy Train (Ozzy Osbourne cover)
High Road
Don’t Live Here Anymore
Eddie’s Comin’ Out Tonight
High Enough (Damn Yankees cover)
The Boys of Summer (Don Henley cover)
Goodbye
When You Close Your Eyes
Don’t Tell Me You Love Me

Encore :
Sister Christian
(You Can Still) Rock in America

Source de la news

Sleaze It :
Style :