DAGOBA/STICKY BOYS : Astrolabe (Orléans)

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Date : 24/04/2015
Salle : Astrolabe (Orléans)
Affluence : 450
Coup de Coeur :
Chronique :
CyCy
1

6 ans quasi jour pour jour que je n’avais mis les pieds à l’Astrolabe à Orléans (45), autant dire une éternité. C’était d’ailleurs pour une soirée ultra Rock ‘n’ Roll puisque drivée par NASHVILLE PUSSY et SUPERSUCKERS, que du South Rock quoi. En ce 24 avril, retour à l’Astro (comme on dit par ici) pour une toute autre soirée croyez moi.

Née tout récemment SLAPTRACK, une association Orléanaise vouée corps et âme à la promotion de groupes locaux mais aussi du Rock ‘n’ Roll en général, inaugurait sa vocation « tourneur » avec une date pour le moins démente. Constituée de 4 groupes montant crescendos la soirée s’annonçait torride sur fond de variété ultime puisque mêlant Death Métal à tendance Flamenco avec IMPUREZA, Stoner Rock ‘n’ Roll avec WILD DAWN, Rock ‘n’ Roll destroy et bien Sleaze avec les STICKY BOYS, et en tête d’affiche les leadeurs incontestés actuellement sur le territoire, les marseillais de DAGOBA.

Ce sont pas moins de 450 personnes qui allaient se ruer entre les deux scènes de l’Astrolabe. A peine le temps d’arriver à l’étage, faut savoir que la salle se trouve au dessus de la patinoire d’Orléans, accréditation photo en poche, qu’IMPUREZA s’empare de la scène « intimiste » dite du « coté bar ». Assez désabusé par l’incapacité de prendre une bière vu la chaleur qui régnait déjà dans la place, c’est non sans mal que je me faufile jusqu’au devant de la scène pour aller voir par moi même ce à quoi mes oreilles étaient guère habituées.

IMPUREZA.

Annoncé dans un style Hispanic Brutal Death, les Orléanais ouvrent le bal. Et effectivement, ce n’est pas de la musique de fillette. Appuyée par une rythmique ultra puissante, l’arrivée sur scène du géant Esteban, « Growler » en chef, donne soudain une toute autre dimension. Ultra carrée, précise, la musique d’IMPUREZA déborde d’énergie et d’originalité lorsque certains passages « flamenco » viennent compléter des morceaux où les riffs s’enchainent. D’ailleurs dans un style tel que celui que pratique le groupe c’est plutôt rare de constater autant de break et de recherche « syncopées ». Le public ne s’y trompe pas et on sent bien qu’il y a nombre d’afficionados du groupe dans la salle. D’ailleurs ce sera bien difficile de s’extraire pour shooter d’un coté et de l’autre de la scène. Volontairement sombres et qui a tendance à agacer nombre de photographes, dixit le groupe lui même », les lights offrent cependant une ambiance toute particulière qui correspond parfaitement à l’équilibre et à l’esprit du show offert par le groupe. Pas trop en phase avec le Brutal Death, bien que maintes fois rencontré sur les scènes du HELLFEST (où s’est déjà produit 2 fois IMPUREZA soit dit en passant), j’ai rarement entendu une originalité pareille. Chapeau. A propos, le groupe est actuellement en phase finale d’un tremplin pouvant potentiellement lui permettre de fouler la scène du W.O.A … souhaitons lui bonne chance.

Setlist :
Intro - Sangre para los dioses* - Besar la mano del infame - El nuevo reino de los ahorcados* - Leyenda negra* - Otumba, 1520* - El ultimo día del omeyocán* - El gitano maldito
(*extrait du prochain album)

WILD DAWN.

Pas le temps de faire du shopping et direction la scène principale. Quelques bousculades afin de trouver un point de vue idéal au shoot (bah oui, photographe concert dans une salle sans Crash Pit … excusez M’sieurs Dames), l’intro commence en même temps que déboule sur scène Romain le guitariste soliste des WbILD DAWN. Virevoltant de toute part il donne le ton, le public « conquis d’avance » se fait soudain nettement plus bruyant tandis que le reste du groupe débarque à son tour avec à sa proue Greg le guitariste chanteur. Fans des chemises « mode Bûcheron » il n’y a pas à chercher bien loin, la musique du groupe est du Stoner dans la plus pure et belle tradition et quand bien même on ressent de-ci de-là des influences QOTSA (Queens Of The Stone Age),  l’excellente voix de Greg fait méchamment le boulot. Si bien que de fil en aiguille alors que le public se chauffe de plus en plus pour la suite de la soirée et croyez moi ca monte crescendo, mon pied tape la mesure plus qu’à son tour et au final d’un show excellemment maîtrisé par ce jeune groupe Orléanais, l’envie de me remettre du Stoner dans les cages à miel sera comblée dès le lendemain avec l’écoute du dernier album des WILD DAWN « Bloody Jane’s Shore » reçu un peu plus tôt dans la semaine en promo. Et à en croire l’hystérie collective qui couvre largement les dernières notes du groupe sur scène, je suis loin d’être le dernier à avoir apprécié le show du quatuor. Vivement une autre date.

Setlist :
Intro - Decay - Bitter mind - Bloody Jane s shore - Back on track - The end of everything - I m m’y own worst ennemy - Smite - I ve got the rock

STICKY BOYS.
A peine le temps de jacter avec Alex que le show des parisiens démarre en trombe. Et quand je dis en trombe, c’est dans le plus pur esprit et tradition du groupe, véritable bombe scénique. « Relégué » pour des raisons d’alternances de scènes sur celle « du bar », le groupe n’a cure de cet endroit exigu et s’acoquine pleinement des 45 degrès « minimum » qui règne dans le lieu, et pour cause, c’est dans leur traditionnelle tenue de plagiste bermuda-converse-chemise bleue que le groupe va littéralement foutre le feu à l’Astrolabe et mettre DAGOBA dans un fauteuil pour la suite et fin de la soirée. Avec un show débutant coup sur coup avec deux titres excellents, MARY CHRISTMAS et BAD REPUTATION, le groupe s’est mis direct tout le public « dégoulinant » de sueur dans la poche. Ce qui permit à Alex, J-B et Tom de dérouler un set éprouvé aux quatre coins du Pays. Et ce ne sont ni PARTY TIME, GREAT BIG DYNAMITE ou encore BANG THAT HEAD qui permettront aux fans enthousiastes de prendre un peu de répit. Ca déroule grave pied au plancher, le groupe n’ayant visiblement aucune pitié et certainement pas envie de faire la moindre concession. Et paradoxalement ce que je trouvais « étrange », rapport à l’exiguïté du lieu, donne ce petit truc en plus qui fait qu’un concert « bon » passe au statut « excellent ». Car c’est clair que les STICKY BOYS, qu’on retrouvera d’ailleurs sur une des Mainstages au prochain Hellfest,  maîtrisent l’espace et savent exactement où aller … du début … à la fin. Et quoi de mieux que d’offrir aux fans déconfits par la sueur, la moiteur d’une plage californienne en reprenant l’ultime tube des Beach Boys, SURFING’ U.S.A. Les années passent et imposent petit à petit les STICKY BOYS comme LA référence Rock ‘n’ Roll capable de faire la différence face à bon nombre de formations internationales.

Setlist :
Mary Christmas - Bad Reputation - Party Time - Girls In The City - Great Big Dynamite - Miss Saturday Night - Bang That Head - Fat Boy Charlie - The Game Is Over - Surfin’ USA

DAGOBA.
S’il y a bien un groupe qui a pris le temps de grandir, de se nourrir de toutes les expériences qui se présentaient sur son chemin, du club le plus minus à l’une des Mainstage en fin de journée l’an passée au Hellfest où il pulvérisa probablement le record mondial des Wall Of Death, c’est DAGOBA. Les 4 marseillais sont devenus tout bonnement incontournable lorsqu’il s’agit de parler Metal à tendance bien Core. Quelques années déjà que le groupe n’avait foulé les terres Orléanaises et le moins que l’on puisse dire c’est que leur plaisir d’être de retour dans la ville de la « Jeanne » était palpable et ultra communicatif, inutile de vous dire l’accueil réservé au groupe lorsqu’il foula la scène principale de l’Astrolabe. Chahuté par Franky derrière ses futs, le public laissa éclater un bordel sonore sans nom lorsque le maître de cérémonie Shawter déboula avec ses sbires Werther et Yves . Bientôt « papa » d’un nouveau rejeton qui a pour nom TALES OF THE BLACK DAWN et qui verra le jour courant Juin prochain, le groupe a choisi d’axer sa setlist autours d’albums plus anciens que l’excellentissime POST MORTEM, piochant plutôt aux alentours de WHAT HELL IS ABOUT . Mais c’est pourtant sur I, REPTILE que débute le concert et très rapidement la férocité du show des Marseillais est contagieuse puisque dans le public ca pogotte à tout va ; autant vous dire que votre serviteur fonça rapidement sur le coté pour pouvoir shooter « en paix ». Shawter aguiche la foule et en impose par un charisme assez dément il faut bien l’avouer. Coup sur coup le public se prend en pleine poire des titres d’une puissance de malade qui démontre live que le groupe mérite pleinement la stature qu’il prend année après année. Imaginez donc, THE MAN YOU’RE NOT, BLACK SMOKERS, WHEN WINTER ou encore l’ultra catchy THE GREAT WONDER … des titres qui déjà sur CD vous donne une envie de tout défoncer, alors en live … Un live d’ailleurs pleinement maîtrisé du coté des lights excellents pour ce dernier show de la soirée. Sans lever le pied, à coup de Wall Of Death, aussi bien en largeur qu’en longueur (oui, oui !), à coup de Circle Pit en veux-tu en voilà dont un « multi salle » faisant sortir le public par une porte et passer dans la petite salle « du bar » et revenir par une autre porte qui restera ancré dans ma mémoire, je peux vous l’assurer, le groupe donne au public ce pourquoi il est venu ce soir : sueur, explosion de décibels, plaisir à tout va. Car vu le nombre de sourires croisés après le concert … ça fait plaisir. Et c’est sur l’éternel hymne Starwars que s’achève un set où la férocité fit rage. Et quoi de mieux que de balancer en bande son alors que le groupe quitte la scène un « DON’T TREAT ME BAD » de FIREHOUSE. Non franchement DAGOBA, quand bien même c’est aux antipodes de Sleaze This City d’un point de vue éditorial, c’est quand même un truc de malade et assurément LE groupe Metal le plus impressionnant qui existe chez nous. Pas étonnant qu’il cartonne worldwide.

Setlist :
I, Reptile – The Man You’re Not – The Nightfall And All It’s Mistakes – Black Smokers – When Winter – The Great Wonder – Fall Of Men – Degree Zero – Born Twice – It’s All About Time – The Things Within – The White Guy (And The Black Ceremony)

Au final, pour une première, force est de constater que SLAPTRACK a réussi un pari bougrement audacieux. Réunir une affiche aussi éclectique et voir un public Orléanais répondre présent en nombre, moi je dis « big Respect » et … vivement la suite. Merci bien, c’était tout bonnement jouissif !

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