QUEENSRYCHE : Empire

QUEENSRYCHE_EMPIRE
Origine : USA
Date de sortie : 1990
Label : EMI
Coup de Coeur :
Chronique par :
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Quand un groupe comme QUEENSRYCHE se lance dans un objectif précis, peu de chose pouvaient l’en faire dévier, et ce jusqu’en 1995. Après … c’est une autre histoire. Aussi, passant du Heavy à tendance Maiden (The Warning) à quelque chose de beaucoup plus racé (Rage For Order), puis pondant un des concepts albums qui ne souffrent nullement la comparaison avec The Wall des Pink Floyd ou Tommy des Who (Operation : Mindcrime), voilà que QUEENSRYCHE se lança en 1989 et 1990 dans l’écriture d’un album « Mainstream » qu’ils imaginaient dores et déjà comme Majeur pour un style à bout de souffle. Le 6 Octobre 1990, sort le chef d’œuvre EMPIRE.

Répondant à la question concernant le comment du pourquoi de cet album, Chris Degarmo déclarait « on voulait parler de nanas et de bagnoles. Simplement nous on en parle différemment ». Car effectivement QUEENSRYCHE n’est pas à proprement parlé un groupe de Hair Metal ou de Hard US comme on pourrait l’entendre au début des années 90. Ayant effectué un virage assez impressionnant à la suite de l’excellent RAGE FOR ORDER en sortant un des plus grands albums de l’histoire du Hard Rock, OPERATION : MINDCRIME en 1988, concept album narrant l’histoire d’un camé ayant subi un gros lavage de cerveau à des fins d’une organisation politique, QUEENSRYCHE est attendu au tournant avec ce nouvel album. Forcément quand on est capable d’un album pareil, on attire bien évidemment aussi bien l’enthousiasme que la jalousie exacerbée de certains journaleux.

Sort alors EMPIRE, pochette épurée, 11 titres. Mais quels titres. Tout débute par BEST I CAN et cette intro façon chorale où explose véritablement la voix de Geoff Tate dès son apparition. Mais que dire de ce riff. Commercial, ce titre a tout le potentiel nécessaire pour carburer sur les radios mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit de QUEENSRYCHE. Et s’il y’a bien un truc de sacré chez QUEENSRYCHE, ce sont les paroles. Le titre est axé sur la volonté du tout un chacun qui quelques soient les circonstances de la vie doit tout faire pour parvenir à avancer, être le meilleur possible (Best I Can).

Première escapade carrément « mainstream », THE THIN LINE, propulse le groupe vers l’avant et là où BEST I CAN pouvait encore être un « trait d’union » avec la période MINDCRIME, ce titre lance définitivement EMPIRE. Des arrangements de folie, de la mélodie en veux-tu en voilà, des duos Tate/Degarmo somptueux et un duo de solo où la complicité Degarmo/Wilton est totale. Grand titre parmis les très grand. Mais quand on sait ce qui s’ensuit …

Car tout ceci n’était qu’une « sorte » d’amuse-gueule comparé à JET CITY WOMAN. Lancé par une intro inoubliable, il s’agit là d’un des titres phares de la carrière du groupe. Véritable hymne à Seattle, la ville d’origine du groupe, les paroles du groupe offrent une véritable perspective sur ce parallèle ce cette femme commune que chacun des membres du groupe partage, Seattle. QUEENSRYCHE tape un grand coup avec ce titre, rythmique béton, refrain ultra fédérateur (je sais pas si on peut faire mieux, tout au plus l’égaler), et le solo de Degarmo qui en live explose littéralement et donne une toute autre dimension à ce titre majeur.

DELLA BROWN dont les paroles sont inspirées par un fait divers d’une femme SDF, flirt entre rock progressif et titre ultra radio phonique. Axé, orienté, et drivé par un tempo de basse offert par Eddie Jackson et suivi par un Scott Rockenfield au sommet de son talent, ce titre dévoile petit à petit l’osmose totale des 5 membres du groupe. Il sera d’ailleurs interprété lors de leur MTV UNPLUGGED de 1992. A noter que Wilton et Degarmo se livrent à un duel de phrasés guitaristiques qui feraient fondre le plus robuste des six cordistes.

Quand on vous dit que le groupe voulait parler de « nenettes », preuve en est avec  ANOTHER RAINY NIGHT. Bien évidemment à la mode QUEENSRYCHE ont est aux antipodes d’un POISON ou d’un MOTLEY CRUE, disons que les mots sont quelques peu plus « respectueux ». Refrain imparable, ANOTHER RAINY NIGHT fait partie de ces titres que le groupe ne saurait oublier de jouer live.

A la différence de toute la discographie du groupe, ou presque, EMPIRE est du type « easy listening ». Attention, ça ne veut pas dire qu’on en fait le tour dès la première écoute, loin s’en faut. Mais la quasi-totalité des titres ayant servi de single, imaginez bien que le grand public pouvait facilement capter l’essentiel du titre à travers les ondes. Ce qui en soit, est du sans pareil pour le groupe où généralement il faut un maximum d’écoute pour en comprendre le sens. Toutefois, croyez-en votre serviteur, 25 ans plus tard, cet album offre encore des surprises.

S’ensuit LE second titre phare de l’album, EMPIRE. Que ceux qui ne l’ont jamais entendu lève le doigt ? Appuyé sur MTV par un clip de grande classe, QUEENSRYCHE transforme l’essai politique enclenché par MINDCRIME. Est-ce grâce à ces paroles, le clip, ou tout simplement la classe mondiale de ce titre qui font que ce single cartonna autant ? Peu importe mais il lança le groupe vers les sommets en lui ouvrant un axe royal vers la gloire et les titres honorifiques.

RESISTANCE fait « pâle figure » à côté des six titres précédents. Il n’empêche que le groupe pris ce titre en ouverture de la tournée BUILDING EMPIRE qui allait suivre. Bien qu’un poil en dessous, il n’empêche que RESISTANCE reste et demeure largement au-dessus de tout ce que sortait l’industrie musicale du moment.

Avant d’écrire la chronique d’un album qu’on vénère et quand on sait qu’il y a deux trois titres qui vous touchent tout particulièrement, on a toujours cette petite boule qui apparaît avant d’ouvrir le bal sur l’un de ces titres. Alors comment aborder SILENT LUCIDITY si ce n’est en désignant ce titre de phénoménal chef d’œuvre.  Titre écrit en « quelques minutes » (!!!) par Chris Degarmo à la suite d’un rêve qui l’éveilla, SILENT LUCIDITY marqua l’année 1990 et 1991 de sa superbe. Numéro 1 dans les charts US et dans pas mal de classements rock, cette ballade démontre le talent incomparable de ces 5 types. Un extrait traduit donne ceci « Il y a un endroit où j’aimais me cacher, une issue que j’empruntais à travers la nuit ». Appuyé par un orchestre symphonique et le talent phénoménal de Peter Collins, le producteur d’EMPIRE, QUEENSRYCHE offre là probablement ce qu’il sait faire de mieux, nous inciter au voyage et à l’évasion ne serait-ce que le temps d’un titre.

HAND ON HEART ainsi que ONE AND ONLY, quand bien même sont des titres puissants et robustes, permettent la transition entre un SILENT LUCIDITY et ANYBODY LISTENING ? le titre qui clôture EMPIRE.

Autant SILENT LUCIDITY est un pur jus Degarmo, autant ANYBODY LISTENING ? marque de l’empreinte de Geoff Tate EMPIRE. En effet, dans ce titre mid-tempo/ballade, Geoff se lâche et avoue ses états d’âmes d’artiste au grand public. Plutôt paumé et pas vraiment à l’aise quant au succès du groupe, le chanteur montre son appréhension face à cette popularité de façade qui, in fine, ne lui permet pas d’exprimer clairement ce qu’il est car au final, y’a-t-il vraiment quelqu’un qui écoute ?  Passé ces arguments, on peut reconnaître une chose à ce titre, la classe ! La très grande classe. Il s’agit là d’un titre essentiel (encore un ?) dans la carrière du groupe.

En résumé comme au final, EMPIRE marque un tournant dans la carrière du groupe. Positif ? Pas vraiment car il signa le début de la fin de l’unité du groupe qui se traduisit par un album carrément sombre quelques années plus tard, PROMISED LAND, et par le départ de Degarmo en 1997.

Mais s’il y’a bien un album majestueux qui a su exprimer mieux que quiconque ce qu’est le Rock Hard Mainstream, c’est bel et bien EMPIRE. Au-dessus du lot ? Relativisons, il n’y a même pas d’échelle de comparaison possible.

Tout simplement.

QUEENSRYCHE_EMPIRE

Best I Can – 5’30
The Thin Line – 5’42
Jet City Woman – 5’22
Della Brown – 7’04
Another Rainy Night (without you) – 4’44
Empire – 5’07
Resistance – 4’47
Silent Lucidity – 5’45
Hand on heart – 5’30
One and Only – 5’52
Anybody Listening – 7’40

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