IRON BASTARDS : L’interview d’un groupe qui grimpe

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Tandis que l’album BOOGIE WOOGIE VIOLENCE  résonne encore dans nombre de cages à miel de fans de Rock n’Roll joué pied au plancher, Sleaze This City ne pouvait pas passer à côté du phénomène Hardos Frenchy qui grimpe à la vitesse grand V. Rencontre avec DAVID BOUR, bassiste et chanteur des IRON BASTARDS

Propos Recueillis par CyCy.

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Sleaze This City : Hello les gars, avant toute chose, la vie est belle ?

David : Salut ! Ouaip la forme, à l’heure où je t’écris on est en route pour Sélestat (67) où nous ouvrons pour Peter Pan Speedrock ce soir.

Sleaze This City : Pour ceux qui seraient restés cloîtrés dans une caverne avec un gros boulet devant, vous pouvez dire quelques mots concernant le groupe, tout ça ?

David : Iron Bastards est un groupe de Fast Rock’n’roll de Strasbourg, composé de David SEMLER (Guitare – 24 ans), Anthony MEYER (Batterie – 23 ans) et moi-même, David BOUR (Basse & chant – 25 ans). Nous jouons depuis fin 2013. En deux ans, nous avons sorti 3 EP (« Boogie woogie sessions » – février 2014 ; « Wasteland »- septembre 2014 ; « Rock’n’roll strikes back » EP de reprises – février 2015), un album (« Boogie woogie violence »- septembre 2015 – Chronique ICI) et un EP Live disponible gratuitement sur le net (« Keep it fast » – décembre 2015). Niveau concerts, nous en avons fait plus de 70 en France, Allemagne, Pologne et Luxembourg.

Sleaze This City : L’album BOOGIE WOOGIE VIOLENCE sorti l’an passé et crédité d’un 9/10 dans nos pages (‘scusez du peu) est une bombe atomique Rock n’Roll « burné ». Quels sont les retours des médias et du public que vous avez obtenu car pour un 1er coup d’essai (si j’omet les Ep sortis précédemment)c’est plutôt pas mal non ?

David : En toute honnêteté, nous sommes très contents car la majorité des retours sont positifs voir très positifs. Nous avons eu des chroniques de toute l’Europe (France, Italie, Pays-Bas, Belgique, Espagne, Royaume-Uni…) et ceux qui ont acheté l’album nous donnent le même avis. Nous sommes contents de ce disque car il retranscrit bien notre énergie sur scène, notre lieu de prédilection (c’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons mise trois morceaux Live), et clôture bien la première année et demie d’Iron Bastards, période pendant laquelle tous les morceaux ont été composé et balancé maintes fois sur scène. En le réécoutant, on ne lui trouve pas grand chose à changer.

Sleaze This City : Un des titres phares de l’album BOOGIE WOOGIE VIOLENCE est, à mon sens, PANCHO VILLA. Dans un cadre général comment se passe la compo, où puisez-vous votre inspiration, votre titre préféré de l’album ?

David : La plupart de nos morceaux proviennent d’un bout de riff, d’une partie intéressante ou d’une ambiance que nous cherchons à développer et sur laquelle nous construisons. Ces moments de travail sont souvent très intenses et provoquent souvent des engueulades entre nous tant nous sommes engagés dans le processus de composition. Nous pratiquons une musique nerveuse et énergique, et il est impossible de faire autrement lorsque nous la créons. Une fois le morceau construit, je travaille les paroles de mon côté et le morceau évolue pour se transformer en chanson que nous testons quelques fois en concert avant de la considérer comme terminée. Concernant mon titre préféré de l’album, j’aurais du mal à dire, mais je dirais « Jungle speed » et « Pancho Vila ».

IronBastards4.jpgPhoto (c) Facebook Officielle du groupe

Sleaze This City : Tiens en parlant de PANCHO VILLA, vous l’avez mis en « boite à clip ». Vous nous en dites plus concernant le tournage et comment tout ça s’est passé ?

David : Le tournage a eu lieu en août dernier, avec Arthur Haecker derrière la caméra, un pote dont c’est le métier et qui a également réalisé notre premier clip « I am the lizard ». L’idée était de faire un clip racontant l’histoire de Pancho Villa, un révolutionnaire mexicain du début du Xxème siècle, à la sauce moderne, en collant au plus près des paroles qui sont une lecture subjective de son histoire (« Don’t care about the truth of the facts, viva Villa and the meaning of his acts ») et en y ajoutant une touche humoristique. Une histoire qui commence au Mexique se transforme ainsi en guérilla urbaine mêlant jeux de cartes, lutte des classes et rock’n’roll.

Sleaze This City : Si on parle de vos influences ;  Ok y’a Mötorhead mais si je vous dis que pas mal de trucs de la NWOBHM genre Diamond Head se retrouve également à certains endroits… ça vous parle ?

David : Notre ressemblance avec Motörhead est effectivement tout sauf une coïncidence, puisque nous sommes tous trois très fans de leur musique et que nous avons commencé par des reprises de la bande à Lemmy. Cela dit, nous ne considérons pas notre musique comme un hommage à Motörhead mais plus comme la continuité d’un style dans lequel nous nous retrouvons: un Rock’n’roll rapide, brut, lourd, qui va à l’essentiel et qui explose en concert. Comme tous les musiciens, nous sommes avant tout des passionnés aux horizons musicales très larges: Si pour notre musique nous sommes plus à l’écoute de vieux rock’n’roll comme Little Richard ou Eddie Cochran, de Hard Rock comme Led Zeppelin ou Deep Purple ou de Rockabilly comme les Stray Cats, nous écoutons aussi du Thrash Metal, du Crossover, du Stoner, du Blues… Bref, beaucoup de choses ! C’est marrant que tu cites Diamond Head, car s’ils ne sont pas particulièrement une influence commune du groupe, je suis super fan et c’est un des groupes sur lequel j’ai commencé la guitare. Et nous allons jouer avec eux sur un festival en Allemagne en juin, ça m’a fait très plaisir d’apprendre ça !

Sleaze This City : En parlant de Mötorhead, très bien votre reprise avec les Wizzö de BORN TO RAISE HELL en hommage à Lemmy …

David : Merci ! Les Wizzö m’ont proposé de participer à cet hommage à la basse et au chant et je pouvais difficilement refuser. Je l’avais chanté avec eux sur scène l’an passé  donc je savais que je serais bien entouré. A noter que Lion (Batteur des Wizzö) a fait un super boulot sur le mixage et le montage de la vidéo. Phil Campbell, le guitariste de Motörhead, l’a commenté via twitter : « Great job lads. Lem’ would have love that ». Inutile de te dire à quel point on a été touché par les mots de celui qui a été le compagnon de route de Lemmy pendant 31 ans.

Sleaze This City : Vous pensez qu’on retrouvera un jour dans le Rock n’Roll un jeune groupe avec un mec aussi charismatique capable de drainer des générations entières vouées à sa cause ? Note que je parle de Lemmy mais on peut aussi inclure Bowie ou tous ces immenses artistes …

David : Je pense que oui, mais cela dépend autant de la capacité des groupes émergents à porter fièrement le flambeau du Rock’n’roll qu’à celle du public à les soutenir. Je ne suis pas un partisan du « c’était mieux avant ». Ce n’était pas mieux, c’était différent. Aujourd’hui, nous avons internet, c’est à dire la possibilité de découvrir des groupes de tous les horizons musicaux et de tous les pays du monde, et de faire découvrir la sienne. On peut enregistrer pour moins cher et en moins de temps qu’avant. Mais avec internet, on a tendance à oublier que la musique n’est pas un monde virtuel et qu’au contraire, un groupe se construit sur le bois, sur la scène, en tournant et en faisant vivre sa musique ainsi. Les vieilles idoles ont su préparer une belle relève, je ne m’inquiète pas pour ça.

Iron-Bastards1.jpgPhoto (c) Facebook Officielle du groupe

Sleaze This City : Tiens en parlant de ‘zique, vous écoutez quoi en ce moment ?

David : Beaucoup de choses, mais si je devais citer un groupe qu’on écoute beaucoup tous les trois en ce moment, il s’agirait de Death Alley, un groupe Hollandais avec lequel nous avons joué à Berlin en septembre dernier et dont le premier album, « Black magick boogieland », est EXCELLENT. Ils jouent du Fast Rock très influencé par le stoner et les années 70, avec un son old school et des ambiances psychédéliques. On recommande fortement à tout fan de rock’n’roll !

Sleaze This City : Sur Sleaze This City on parle souvent de musique à « gonzesse » comme aimait justement à dire Lemmy (dans le genre taquin). Le Sleaze, le Glam, le Hard FM ça vous parle ou pas trop ? Surtout que si je ne me trompe pas y’en a « certains » qui aiment bien les trucs féroces façon grindcore non ?

David : Notre gratteux David est très fan des New York Dolls, et on partage Mötley Crüe dans les groupes qu’on adore. J’adore Kiss également, ce qui n’est pas forcément partagé par tous ahahah. Difficile donc de répondre clairement à ta question, un certain nombre de groupes qu’englobent les styles Sleaze, Glam et Hard FM nous parlent, sans que ça soit notre style de prédilection. Et effectivement, c’est moi le fan de Grindcore dans la bande, j’ai été guitariste de Ratbomb, Grindcrust de Strasbourg, pendant 4 années.

Sleaze This City : La question piège donc : Comment dériveriez-vous vers le Sleaze Rock ?

David : On est pas trop du genre à dériver. Et on est un peu trop énervés dans la vie pour le Sleaze Rock ahahah. Donc à ta question, je répondrais : si on venait à se calmer. Mais n’y compte pas trop ;)

Sleaze This City : Fin d’année dernière vous avez tourné en Allemagne et j’ai cru comprendre que tout ne s’est pas exactement passé comme prévu. Me trompe-je ?

David : C’était pendant la tournée de promo de notre 1er album, et si elle a commencé en Allemagne, c’est en Pologne que ça a mal tourné. Après quelques dates qui se sont très bien passées, c’est après notre date à Cracovie que la tournée a viré au cauchemar. Réveil vers 13h à l’hôtel, discussion sur le programme de la journée puisque pour une fois dans la tournée nous n’avions qu’une heure et demie de route. Après avoir décidé d’aller décuver à la piscine, nous sortons de l’hôtel et là, nous découvrons que notre camionnette comprenant tout notre matos n’est plus là. Après espérer sans illusion que c’était un coup de la fourrière locale, nous avons été obligé de nous rendre à l’évidence : on nous avait tiré la camionnette. Journée au poste de Police (14h à 21h quand même) avec une traductrice aussi douée en anglais que je le suis en Basket-Ball , soirée à l’hôtel, discussions entre nous pour exprimer notre dégoût, notre tristesse mais aussi notre solidarité, puis le lendemain nous étions prêts pour 19h de bus Cracovie-Strasbourg. Mais l’histoire de ne s’arrête pas là : après avoir posté un petit mot sur notre page facebook concernant ce qui nous était arrivé, une solidarité incroyable s’est mise en place par le biais d’assos locales (je remercie encore les amis de la zik au passage!), avec une caisse de dons, des concerts de soutien (4 en tout) et des propositions de prêts de matos. On a même eu droit à un mot sur la page de Destruction ! Du coup, nous avons pu assurer notre concert au Luxembourg 5 jours après et nous avons récolté 5000€ de dons (pour 12000€ de perte, sans assurance, évidemment), ce qui, avec nos économies personnelles, nous a permis de racheter du matos. Nous ne serons jamais assez reconnaissants envers ceux qui ont permis à cette histoire de merde de se terminer aussi bien. Et on ne nous y reprendra plus : le matos maintenant, c’est en intérieur, à côté de nous !

IronBastards3.pngPhoto (c) Facebook Officielle du groupe

Sleaze This City : Concernant l’actu du groupe cette année, on peut s’attendre à quoi ? Un max de dates pour promouvoir BOOGIE WOOGIE VIOLENCE ou alors déjà du nouveau taff pour la suite à donner à cet album ?

David : On a effectivement prévu pour cette année de tourner au maximum pour continuer à promouvoir Boogie Woogie Violence. En plus de nombreuses dates en France, nous jouerons beaucoup en Allemagne et irons pour la première fois en Italie. On a déjà booké un paquet de dates dans des clubs et des festivals, avec entre autre Sodom, Peter Pan Speedrock, Overkill, Decapitated, Primal Fear, Diamond Head, Arch Enemy, Udo Dirkschneider… Toujours concernant « Boogie woogie violence », nous préparons un deuxième clip dont la sortie est prévue courant février.  Et nous travaillons actuellement sur notre 2ème album. 9 morceaux sont déjà composés et ça va faire mal. On reste dans le registre Fast Rock’n’roll, mais on a bien intégré nos influences, nouvelles ou anciennes : des touches de Rockabilly, de Punk, de Hard 80′s, de stoner, de Heavy. Avec toujours la même base : basse lourde et saturée, guitare frénétique, batteur entre finesse et énervement et chant à la Lemmy. On devrait retourner en studio cet été.

Sleaze This City : On touche à la fin les amis, quelques mots pour vos fans qui lisent nos pages ?

David : Merci à tout ceux qui nous suivent, qui nous motivent et nous soutiennent. On a encore beaucoup d’acouphènes à vous procurer au travers de nos futurs concerts et disques. Et que ceux qui n’ont encore jamais écouté les Iron Bastards se rattrapent, on sera à coup sur bientôt près de chez vous pour vous faire découvrir comment le rock’n’roll à Strasbourg. Bises !

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