UGLY KID JOE : Elysée Montmartre – Paris

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Date : 15/10/2016
Salle : Elysée Montmartre
Affluence : 700
Coup de Coeur :
Chronique :
CHERRY
1

Fermée depuis un incendie en 2011, la salle de spectacle parisienne a ouvert à nouveau ses portes depuis un mois seulement. Ce samedi soir du 15 octobre 2016, une longue file d’attente s’est formée sous le beau bas-relief de la façade l’Elysée Montmartre, et un passant s’arrête auprès d’un spectateur : « C’est pour visiter quoi, cette queue ? ». La réponse est teintée par le sourire que le rocker sert au badaud, « Il y a un concert d’Ugly Kid Joe ». L’entrée dans la salle satisfait nos yeux, la public monte les escaliers imposants pour découvrir une fosse surplombée par des armatures en fer massives. L’effet parisien est garanti.

Lorsque BlackRain débarque sur scène, le public est déjà présent en masse : le groupe est connu des amateurs parisiens. On avait revu les gars sur scène au Download à l’Hippodrome de Longchamp cet été, de retour après leur périple américain pour enregistrer Released, leur dernier album en date. Ça bouge, ça cogne (certains « vieux » titres du groupe animent particulièrement la foule, soit True Girls Are 16 ou Overloaded). L’Elysée Montmartre est déjà réchauffée d’un cran.

SETLIST :
Eat You Alive
Back in Town
Blast Me Up
Jenny Jen
True Girls are 16
Overloaded
Ho hey hey hey
Rock My Funeral

Place aux australiens de Dallas Frasca, second round de la première partie de l’affiche. Mené par Dallas, une nana qui a définitivement surpris les spectateurs, le trio réveille le public à coups de sollicitations diverses. Par exemple, la chanteuse n’hésite pas à s’immerger parmi la foule et faire asseoir tout le monde pour partager un moment unique (et dissuader le type qui filme avec son smartphone, oui oui !). Si certains connaissaient déjà Dallas Frasca (passés à la télé dans L’album de la semaine sur Canal en 2015), d’autres murmurent dès la fin du show d’enthousiastes remarques : « Faut que j’aille checker ce groupe ». Super ! Quelle énergie ! On est tous contents, et impatients, car les roadies œuvrent pour mettre en place le matos d’Ugly Kid Joe.

SETLIST :
Better without you
Wasting time
One man woman
Rise
Anything left to wonder
All my love

Et là, la réaction de la salle ne se fait pas attendre quand Zac Morris s’installe derrière la batterie, en slip, s’il vous plaît. Un à un, les autres membres prennent place et s’adonnent à une petite introduction instrumentale avant que Whitfield Crane ne se montre. Ceux qui connaissent l’album America’s Least Wanted reconnaissent immédiatement Neighbor quand il l’entame : Paris est hystérique. Vraiment, ça fait plaisir de les voir, revoir pour certains, et c’est donnant-donnant puisqu’on baigne dans la chaleur généreuse du groupe. Ils déconnent, ils sourient, ils sont simples, mais mettent le feu. Presque depuis le tout début du concert, des slammers apportent du relief à la foule.

En effet, c’est en quittant le pied de la scène après quelques photos que l’on remarque à quel point les spectateurs répondent. Crane et son ami Klaus Eichstadt (guitare) contemplent d’ailleurs la salle à plusieurs reprises avec bienveillance, ça fait plaisir. Grand moment que l’occurrence dans la setlist de Cats In The Cradle (reprise de Harry Chapin) dont le public fait sonner le refrain à l’unisson. Une véritable émotion flotte au-dessus des têtes de chacun. Les titres illustrent une fois encore la bienfaisance des mecs qui tapent dans tout : du vieux (Milkman’s Song, So Damn Cool) et du neuf (She’s Already Gone, Under The Bottom du dernier album Uglier Than They Used Ta Be).

Soudain, on assiste à une rupture dans l’ambiance. Tout le monde sort de scène sauf Whitfield Crane et Chris Catalyst à la guitare acoustique, et on a tous l’impression d’être au coin du feu quand ils nous jouent Come Tomorrow. Ouaouh. Juste après ça, tel un être éclairé détenteur de facultés d’anticipation, un spectateur hurle « Ace Of Spades ! » et Crane lui répond, l’air malicieux, « It shall be done, fear not » (« Cela sera fait, n’aie crainte »). Et boum, les accords si connus de nous tous retentissent derechef, et on adore ça. Pour Lemmy, encore une énième fois, le public beugle les paroles avec moult joie. Bref, après Cloudy Skies, le reste du groupe refait surface pour terminer le concert. Pas une minute de fatigue, pas une minute d’ennui, et c’est justement cette oscillation entre différents climats qui stimule les fans. Pas de rappel, puisque la pause acoustique a fait office de scission. Ugly Kid Joe nous quitte sur Everything About You, et c’est complètement dingue.

Là, en quittant la salle le sourire presque hilare aux lèvres, on a tous parfaitement l’air d’adolescents américains bien 90s qui dépassent le couvre-feu. C’est ce qu’on est, au fond, pas vrai ?

SETLIST :
Intro
Neighbor
Dialogue
Jesus Rod A Harley
C.U.S.T
Panhandlin’ Prince
She’s already gone
No one survives
Devil’s paradise
Cat’s in the cradle
I’m alright
Milkman’s son
Goddamn devil
So damn cool
Under the bottom
– Acoustique –
Come tomorrow
Cloudy skies
——————
Mr Recordman
Aces of spades (Motörhead)
VIP
Tomorrow’s world
Everything about you

Report et photos par CHERRY
Big merci à l’orga et à Replica

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