DANKO JONES : Rencontre avec JOHN CALABRESE

Dustin Rabin Photography, Danko Jones

Sleaze This City a rencontré JOHN CALABRESE, alias JC, qui tient la basse dans la formation Danko Jones, en marge de la sortie prochaine d’un nouvel album baptisé Wild Cat. Coïncidence, je ne le crois pas, c’était aussi quelques jours avant qu’internet nous régale du single « My Little RnR », directement pioché dans leur nouvel opus. Il nous tint ainsi ce langage…

Sleaze This City : En parallèle avec la présence de Danko et toi à Paris aujourd’hui, il faut rappeler que vous êtes sur le point de vous lancer dans un pan de tournée européenne plutôt ambitieux, dix-sept dates s’enchaînent à un rythme effréné. Comment tu le sens, de retrouver le public de chez nous ?

JC : Carrément, ouais, ça va filer ! Aéroport, hôtel, aéroport, hôtel… Comme on n’a plus trop eu l’occasion de vraiment « tourner » aux Etats-Unis depuis quelques temps, ce qui n’est pas si mal pour nous, et qu’on est surtout restés au Canada, on a remarqué qu’on assurait nettement mieux ici que là-bas. Il n’y a pas de tournée massive prévue aux US pour cet album, en vrai. Peut-être que nous irons faire un tour en Californie, à la rigueur, mais ce qu’on attendait le plus, c’était de venir en Europe, on s’attend à de super shows. Presque deux semaines et demi non-stop. C’est pas si terrible, oh non, on a déjà fait pire par le passé !

Sleaze This City : C’est clair, vous êtes plutôt connus pour votre habitude de tout tabasser en tournée, même avec un rythme plus soutenu. Bon, sinon, Wild Cat sort en mars. Peux-tu me définir ce que vous aviez derrière la tête en travaillant sur cet album ? Il change plutôt franchement de Fire Music, ou encore plus de Rock N’ Roll is all Black & Blue ; saurais-tu m’expliquer pourquoi ? Il n’y aurait pas eu un petit changement line up ?

JC : C’est sûr que Rock N’ Roll is all Black & Blue est vraiment différent. Déjà, il faut savoir que, comme tu l’as dit, on a désormais Rich Knox pour batteur. Wildcat a été enregistré dans les mêmes studios que le précédent album, et quasiment exactement au même moment aussi. De même que pour Fire Music, on a fait pas mal de pré-production pour Wildcat. On prenait les morceaux, après les avoir bien bossés, on les enregistrait jusqu’à trois ou quatre fois au brouillon, avant d’entrer dans le processus de la prise de son et du traitement en studio. Ainsi, c’était impossible de se planter, tout était plus que carré. Pas de « Oh, je vais taper un petit solo de batterie ici finalement », ou « Allez, changeons cette partie » en plein milieu de la session. Rien de tout cela n’est arrivé. On savait plus ou moins à quoi s’attendre. Et le fait de travailler à nouveau au même endroit a considérablement simplifié la tâche, il n’y avait plus qu’à reprendre le même son de guitare, et l’élever encore un cran au-dessus, le bonifier. En ce qui concerne l’esprit, c’est totalement du Danko Jones, mais pas trop sauce Fire Music qui était résolument plus agressif, qui cognait de partout, sans arrêt. Il y a un peu de ça dans Wild Cat, mais il y aussi plein chansons plus marrantes ou légères, des petites références en clin d’œil à Thin Lizzy, je pense à « You Are My Woman », c’est ma préférée parmi les morceaux de l’album.

Dustin Rabin Photography, Danko Jones

Sleaze This City : En parlant de ça, il y a quand même pas mal de petites blagues sous la ceinture là-dedans, n’est-ce pas ?

JC : (rires) Oui ! Tu dois sûrement avoir « Success In Bed » en tête, pour ne citer que celle-là. Ça fait marrer les gens, et c’est ce qui compte ! C’est le bon vieux sujet qui revient en boucle dans le rock’n’roll, les gens peuvent parler de tout ce qu’ils veulent, et nous on arrive en mode « Eh, mec, tu veux avoir du succès au lit ?! », ne nous prenons pas trop la tête, faisons tous l’amour ! C’est d’autant plus cool quand le public est en phase avec ça. Non, attends, ne me fais pas dire ce que ne j’ai pas dit ! C’est carrément ironique, il ne faut pas prendre nos textes au pied de la lettre, c’est pour s’amuser après tout.

Sleaze This City : En espérant qu’aucun journaliste n’a pris ce titre trop au sérieux, heureusement que personne ne t’a demandé de rentrer dans les détails…

JC : Non, pas encore ! Mais imagine, si on devait faire des interviews dans d’autres pays…. Tu sais, juste en dessous du nôtre par exemple… (rires) Regarde un peu qui ils ont élu ! Sérieux ! Ils seraient capables d’être outrés. C’est dingue.

Sleaze This City : On a remarqué un truc amusant. La musique de Danko Jones est réputée pour être énergique, et j’ai googlé ton nom pour constater dans les résultats que sur les forums, pas mal de bassistes se demandent ce que tu utilises comme matos. C’est quoi, le secret du son à la JC ?

JC : Mais enfin… Tout est dans les doigts ! (rires) En vrai, j’ai un super vieux ampli, bien vintage 70s, mon Ampeg V-4B, que j’utilise depuis le premier jour. La seule chose qui a changé, c’est que cette fois, j’ai joué sur une basse totalement custom-made, de chez Sandberg en Allemagne. Je n’ai pas une seule pédale pour enregistrer. En concert, j’ai trois petits effets qui ne sont pas plus grands que trois smartphones, et c’est tout.

Sleaze This City : En corrélation avec l’idée de son et d’univers, il serait communément admis que « chaque artiste fabrique son propre monde ». À quoi ressemble le tien ?

JC : Eh bien, tu l’as vu, pas mal de dates de concert, de voyages, ma vie de famille qui équilibre le tout, mes séances de relaxation, m’instruire. J’adore passer un maximum de temps à l’extérieur, je m’aère.

Dustin Rabin Photography, Danko Jones

Sleaze This City : Il y a une interview de toi, qui remonte à quelques petites années, dans laquelle tu évoques les films d’horreurs et certains réalisateurs, en expliquant que « le moins en fait le plus ». La compréhension de cette notion a des limites, peux-tu nous éclairer ? Tu pourrais appliquer ça à la musique ?

JC : Absolument. (il désigne vaguement la décoration des murs du salon de l’hôtel) Regarde un peu par exemple toutes ces couvertures de Lui, c’est l’imaginaire qui joue ! De nos jours, on a perdu ça, on nous impose « Il faut que tu aies ceci, il faut que tu sois cela », alors que quand tu regardes un film de Dario Argento par exemple, tout ce dont il a besoin, c’est une scène de nuit. Et le tour est joué. Ce n’est pas le gore qui qui effraie, c’est plutôt un film d’horreur sur le plan psychologique. Mais tout de même, si tu regardes Suspiria, c’est Goblin qui fait la musique, et ce que tu entends joue énormément dans ta perception des images, dans tes émotions. C’est inconscient, parfois discret, c’est ce que j’entendais par « le moins en fait beaucoup ». Tout est dans l’angle, la prise de vue, c’est comme ça que ça marche, c’est d’autant plus efficace.

Sleaze This City : Sinon, on se demandait, t’écoutes quoi en ce moment ? Des groupes plus ou moins éloignés du genre de musique que tu fais avec Danko Jones ?

JC : Mmh, dans les derniers albums que je me suis procuré, il y a quelques chanteurs suédois que j’adore, ou par exemple un album de Dinosaur Jr., et puis sinon, c’est vrai que j’écoute pas mal de hip hop, de trucs qui bougent… Rien que du fun.

Sleaze This City : Tu répondrais quoi si on te demandait quel est ton animal spirituel ?

JC : Un loup. Ils vivent en meute, tu vois… Ou un chien.

Sleaze This City : Définitivement loin du wild cat, alors ! Rien à voir avec la pochette qui illustre ce nom, d’ailleurs. Tiens d’ailleurs, ça sort d’où, ce visuel ?

JC : Oh non, je ne suis pas un chat ! Ça se rapproche du style des films d’horreur des années 80 d’ailleurs, tu ne trouves pas ? On s’est simplement dit que c’était cool ! Rien de très profond. Il y a un ami à nous, qui a pris en charge l’artwork, en écoutant le titre qui porte le nom Wild Cat, et il nous a envoyé ça, et hop, le nom de l’album était tout trouvé.

Sleaze This City : Sortie d’un album, tournée bien sympathique, et après, quel est le programme ?

JC : Oh je ne sais pas, je pense que j’irai pêcher. Oui, oui, à la ligne. Aller ramasser des champignons. Cuisiner. C’est très reposant, je t’assure !

Sleaze This City : On va appliquer tes conseils et inciter nos lecteurs à faire de même, alors. Merci à toi.

Le trio Danko Jones sera en concert à Paris à La Maroquinerie le jeudi 30 mars 2017, et leur nouvel album Wild Cat sera disponible dans le monde entier à partir du 3 mars. Enjoy ! Retrouvez dès à présent la chronique ICI !

Propos recueillis par CHERRY.

 

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