DEAF HAVANA : Rencontre avec JAMES VECK GILODI

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Le nouvel album des anglais DEAF HAVANA s’appelle ALL THESE COUNTLESS NIGHTS , et il est sorti début 2017. C’est après l’avoir écouté qu’avec Sleaze This City on s’est dit : pourquoi ne pas aller pêcher des infos auprès de James Veck Gilodi, le frontman du groupe. 

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Sleaze This City : À quelle famille ou genre musical dirais-tu que le groupe appartient ?

James Veck Gilodi : Je ne sais pas trop, peut-être le rock. Mais je crois que les trucs plus vieux que nous avons sonnaient peut-être un peu plus emo. Mais je vais dire rock, simplement, je crois. Notre music n’est pas si mainstream que ça, mais elle est accessible à tous. Je pense que tout le monde peut écouter ce qu’on fait.

STC : Au tout départ, le groupe s’est formé dans le contexte de votre scolarité à l’université. Est-ce que tu penses que le groupe est toujours animé par cette idée de communauté, comme à l’époque de l’école ?

James : Malheureusement, oui,  carrément. On aurait sûrement dû grandir depuis, on aurait dû devenir un peu plus matures. Mais on continue d’agir comme des étudiants de fac, on boit trop, on s’amuse trop… J’en sais rien. En vrai, pour la majeure partie, ça reste génial.

STC : Le line up a changé quelque peu au fil des années. Est-ce que tu es toujours en contact avec des anciens membres du groupe ?

James : Oh que oui ! Chris, qui était guitariste avec nous, par exemple : je lui parle presque plus que lorsqu’il était dans le groupe. En ce qui concerne Ryan, il habite un peu loin maintenant, et il a une famille et une maison, mais on prend des nouvelles. Parfois quand tu t’éloignes des gens, tu perds un peu le contact, c’est normal. Mais Chris, ouais, c’est tout l’inverse.

STC : C’est le premier album que vous lancez avec votre nouvelle compagnie (So Recordings, ndlr). Comment ça se passe, jusque-là ?

James : Très bien, en fait. Ils nous donnent plus de liberté, et il s’intéressent réellement à nous. C’est une compagnie un poil plus petite, mais bien organisée, et c’est un bonheur pour nous de sentir des gens concernés parce qu’on fait autour de nous.

STC : Partons un peu sur le sujet du nouvel album. Qu’est-ce que vous aviez en tête au moment de construire la tracklist, l’ordre des titres ? Il faut dire que c’est vachement ciselé, il y a une vraie continuité évidente là-dedans.

James : Alors justement, de nos jours les gens écoutent souvent une chanson par-ci par-là, alors que personnellement, je continue d’adorer l’idée d’écouter un album entier. Quand on a pensé à l’ordre des morceaux, ce qui nous a pris une bonne semaine, on y a accordé une grande importance et on a fait de notre mieux. Je suis quasi sûr que les gens ne vont pas écouter l’album d’une traite, mais ça me donne bonne conscience de l’avoir sorti comme ça. J’aime bien l’envisager comme une œuvre d’art continue, un bloc.

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STC : Et qu’en est-il de l’enchaînement des titres en prenant en compte leurs paroles, pas seulement leur écriture, est-ce que tu dirais que ça raconte une histoire ?

James : Oui en effet, l’album forme une boucle. On passe des choses que je souhaite laisser derrière moi désormais, en passant par une période de changements et enfin la dernière chanson se rapporte encore au passé. Tu peux y lire une sorte de retour au point de départ, mais la boucle parcourt tout un tas de choses. J’espère que les gens vont apprécier ce phénomène.

STC : Combien l’album reflète-t-il ta personnalité ?

James : Enormément, je dirais. J’écris le contenu des paroles d’après des expériences personnelles. Je suis fan des gens qui parviennent à raconter des histoires, inventer des trucs dans leurs chansons, d’écrire sur des trucs faux. C’est super cool, mais c’est un autre style. Je parle toujours de choses qui me sont arrivées. Du coup, ça me reflète totalement, bien que ça reste ouvert à l’oreille du public. Il n’y a rien de follement intelligent qui s’y passe, et je veux que justement les gens s’y identifient. Aussi ringard que cela puisse paraître, je veux que si les gens sont également passé par ce que n’ai traversé, ils ne se sentent pas seuls.

STC : Il y a des petits moments, et parfois même des titres de l’album qui sonnent très mélancoliques, voire nostalgiques mais dans le bon sens. Est-ce que tu es plus créative quand tu baignes dans ce genre d’humeur ?

James : À 100%, oui. Je suis carrément plus créatif quand mon espace mental est d’humeur plus maussade. Quand je suis bien, content de tout, je me demande quoi écrire. À mon avis, les meilleures paroles de chansons viennent d’une période un peu sombre, parce que justement, ça rassemble davantage de gens vers le mieux, ou autour d’un problème commun.

STC : On avait une question à propos des paroles du titre « Happiness ». Tu nous y dis : « I can’t fight the voices inside my head ». Du coup, qu’est-ce qu’elles te dissent, ces voix ?

James : Alors, justement, ces voix ne sont pas toujours positives. D’un côté, c’est mauvais pour moi, mais d’un autre, c’est génial parce qu’au final je peux écrire très facilement d’après elles, parce que j’essaie d’écouter ce que je ressens au maximum. Mais ça va mieux maintenant, je vais bien, rassure-toi. Je m’inquiète beaucoup, je vis beaucoup à l’intérieur de moi, et parfois ça me submerge. C’est pour ça que je dis que ces voix ne peuvent pas être vaincues.

STC : Tant qu’on y est, peux-tu nous dire si ce que tu racontes dans « Pretty Low » : « I fall in love each day on the train, every foreign face that pass me by that I’ll never see again ». Tu te sens vraiment comme ça, quand tu es entouré d’étrangers ?

James : Parfois, oui, ça m’arrive, tout à fait. Quand tu es sur le retour de quelque part, tu sais, et que tu te sens un peu seul. Surtout à Londres ! Je parle même surtout ici du fait de vouloir savoir qui sont ces gens, je suis curieux d’en savoir plus sur leurs vies… Et puis finalement, j’oublie. Ce sont des gens que tu ne reverras certainement plus jamais. Un sentiment très étrange.

STC : En parlant des étrangers, et d’interaction. Changeons un tout petit peu de sujet. On a vu que le groupe s’adonnait parfois à des performances live sur Facebook, en acoustique. Peux-tu me décrire les bénéfices que vous en retirez ?

James : Pour ma part, ce genre de truc, c’est toujours bizarre, parce que j’insiste sur le fait que je n’ai pas monté un groupe pour jouer dans des vidéos sur Facebook. C’est une plateforme géniale qui permet aux gens d’échanger, et de te voir jouer. Ça ne peut qu’apporter du bien, mais ça reste étrange, avec cette caméra en face de toi…

STC : Tu te comportes différemment quand tu es filmé ?

James : J’essaie de ne pas être différent, mais ça arrive probablement, quand je suis stressé.

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STC : Il y a un de vos titres, « Anemophobia » (de l’album « Fools & Worthless Liars »), qui est assez apprécié du public, et dont vous avez sorti une « part 2 ». Pourquoi ?

James : Comme tu dis, ça a toujours été une sorte de titre phare, surtout en live. Les gens l’aiment bien. Et j’ai toujours voulu en écrire une deuxième partie, pour le fun, et au départ je ne pensais pas que ça allait être diffusé. De cette façon, les gens peuvent en apprécier un peu plus !

STC : Par le passé, le groupe a ouvert pour des groupes comme Muse, ou Bruce Springsteen. Quels sont les enseignements que vous avez retirés de cette expérience ?

James : Chacun de ces concerts était incroyable. Le plus marquant, c’est que personne n’avait aucune idée de qui nous étions. De plus, c’était un public un tout petit peu plus âgé, ce qui nous a permis de toucher d’autres fans, lors de chacune de ces dates. Je crois qu’il n’y aurait rien de négatif à en redire, et je considère qu’on a été très chanceux de se voir proposer l’opportunité de faire ça.

STC : Tu pourrais imaginer de faire la même chose avec des artistes que tu détestes en tête d’affiche ?

James : Mmh, je pense qu’on le ferait quand même. Mais ça dépend. Je ne suis pas un énorme fan de Muse, même si je reconnais l’ampleur de leur talent, mais si une telle occasion se présente et que c’est bon pour le groupe, je pense qu’on irait jouer quand même.

STC : Si tu pouvais inviter un guest, décédé ou toujours vivant, sur un de vos concerts, qui inviterais-tu ?

James : Haha ! Je ne sais pas jusqu’où je peux aller avec cette question. N’importe qui ? Ok, bon eh ben merde, je dirais David Bowie. Une disparition récente, mais ce serait lui, je pense.

STC : Dans les mois qui arrivent, le groupe va monter sur scène aussi bien en festival qu’en concert comme tête d’affiche. Comment tu appréhendes les différentes conditions de ces deux genres de show ?

James : Effectivement, ce sont deux expériences bien distinctes pour moi. Quand on est seuls, on se doit d’être un petit peu plus sérieux. Les gens ont payé pour venir te voir. C’est la moindre des choses d’être irréprochable. Par contre en festival, tu joues plus fort, et pourvu que tu te démerdes un peu, tu peux beaucoup t’amuser. Les festivals, pour moi, c’est beaucoup plus relax. On fait la tête, on va voir d’autre groupes géniaux… Mais ouais, il y a beaucoup plus de pression quand on joue seuls pour notre public.

STC : Une dernière question dans laquelle tu peux t’exprimer librement, il n’y a pas d’explication nécessaire à ta réponse : c’est quoi, ton animal spirituel ?

James : Mmh… Sans aucun doute, un rat

Deaf Havana sera en concert à Paris le 23 mars au Backstage By The Mill.

Propos recueillis par Cherry, pix facebook - DEAF HAVANA.

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