INGLORIOUS : Rencontre avec Nathan James et Colin Parkinson

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Le deuxième album d’INGLORIOUS, très adroitement baptisé INGLORIOUS II, sort le 12 mai prochain. Un an s’est écoulé depuis l’arrivée dans nos oreilles de leur premier opus. Nathan James (chant) et Colin Parkinson (basse) ont répondu avec une grande sympathie à nos questions, qui visaient à décrypter un peu leur actualité. Place à l’interview…

Sleaze This City : Bienvenue à Paris, les garçons ! Nous avons écouté votre album, et cette expérience nous a menés à vouloir vous poser quelques questions. Déjà, il faut préciser en amont que ça vous fait deux albums quasiment à la suite. Comment faites-vous ?

Nathan James : En effet, l’année dernière fut complètement dingue en ce qui nous concerne. On a joué quatre-vingt concerts, et tout s’est passé plutôt vite. Comme on dit, le temps c’est de l’argent. Au lieu de s’éparpiller aux quatre coins du monde et se parler par mail, on s’est réunis avec le groupe. Il nous a fallu cinq ou six jours de studio non-stop pour écrire une tonne de chansons, et moins d’une semaine pour enregistrer le contenu final de l’album, en live.

STC : Il paraît que vos conditions d’enregistrement en studio étaient bien meilleures cette fois-ci. Qu’est-ce qui a changé ?

Colin Parkinson : La dernière fois, le label a validé notre entrée en studio en disant « Bon, très bien, allez-y, vous allez enregistrer maintenant », et on a enregistré tout ce qu’on avait écrit. Là, en s’y préparant plus en amont, on a eu davantage de temps pour travailler notre son et proposer une meilleure cohérence de ensemble.

Nathan : Cette fois-ci, on avait un tout petit peu plus de moyens à investir, afin de pouvoir se permettre de loger à proximité du lieu d’enregistrement, et non à même le sol du studio comme la dernière fois (rires). On a choisi Liverpool, au fait, c’est une ville tellement cool… Au total, nous sommes restés quasiment un mois là-bas, c’était génial.

Colin : Totalement, c’était une ambiance vraiment favorable

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STC : Ah ouais d’accord, studio et tourisme en même temps, sympa ! (rires) Sinon, vous avez travaillé avec Kevin Shirley. On a cru comprendre qu’il continuait à communiquer toujours avec toi Nathan, par texto.

Nathan : Ouais, justement, il m’a même envoyé un message il y a quelques jours !

STC : Pensez-vous travailler à nouveau avec lui à l’avenir ?

Colin : Totalement, je crois qu’on a trouvé le type avec qui faire des albums. Il est très posé, n’impose pas du tout son rythme, il est très cool. Il a bossé pour Mr. Big, Aerosmith, et d’autres groupes qui figurent parmi nos préférés.

Nathan : C’est quelqu’un d’honnête, quand il te fait un compliment, tu l’apprécie d’autant plus. Son travail est d’une efficacité remarquable, il a mixé l’album en quelques jours, tout au plus. C’était dingue.

STC : Drew (qui remplace Wil Taylor à la guitare, nldr) est de retour dans le groupe. Est-ce que ça a été simple pour lui de réintégrer la bande, d’assimiler ce qui s’était passé entre temps ?

Nathan : En effet, il fallait que quelque chose change. Personne n’était très content de la situation. Le retour de Drew a été une aubaine pour nous tous. C’est le cousin de Colin, déjà, donc il est resté proche de nous. Il nous fallait quelqu’un qui puisse assumer, avec les nouveaux titres, tous les changements, etc. Mais la sensation de l’avoir à nouveau avec nous, c’était comme accueillir un vieil ami. Tout est rentré dans l’ordre depuis, ça fait du bien. Il déchire, en plus, c’est top.

STC : Quelque chose de curieux a attiré notre attention. En studio, vous enregistrez live : pas d’autotune, pas de pistes multiples superposée… Il nous semble que c’est quelque chose dont le public doit être conscient. Pouvez-vous nous dire un mot de ce choix ?

Colin : Je crois que le marché, et même le marché du rock, est saturé de musique surproduite. À mon sens, le rock’n’roll c’est avant tout un groupe qui envoie son truc ensemble, à l’unisson, tu vois.

Nathan : Et de plus, cette façon de capter le son s’apparente beaucoup à l’expérience d’écoute d’un concert. Si tu écoutes l’album avec une qualité plutôt décente, en venant voir un de nos concerts, tu retrouveras les mêmes sensations. Il faut que ça sonne juste, que ça ait l’air vrai. On a vraiment fait attention aux mélodies, à la balance des guitares, du piano… Quand les gens paient pour venir te voir, j’estime qu’il ne faut en aucun cas qu’ils soient déçus par rapport à ce qu’ils ont entendu chez eux.

STC : D’ailleurs, au fait, qui joue du piano dans l’album, si vous êtes tous déjà à votre poste pendant que ça enregistre ? (rires)

Nathan : Ah, bien vu ! C’est notre ingé son.

Colin : C’est un génie, ce mec.

Nathan : Assurément, il s’est occupé de tout l’album, et a beaucoup apporté au projet. Par la passé il a travaillé avec des gens extraordinaires, comme McCartney par exemple. Le premier jour, il nous a dit « Hey, je joue du piano, au fait » et on a trouvé ça cool. Il s’est assis derrière son clavier, et ça a été magique. Tu vois le piano de Coldplay, dans Clocks ? C’est le même, littéralement, le même instrument. Il y a même un petit écriteau « Chris Martin was here » dessus, je te jure. C’est un ajout qui nous a beaucoup intéressé. Et pour dire, on aura quelqu’un pour jouer ces accords de piano avec nous sur scène au Hellfest. On n’allait pas se priver de montrer ça au public.

STC : Plongeons un peu plus au cœur de l’album. Nous avons extrait une idée, un peu philosophique, qui se trouve dans les paroles d’un des titres. Dans Read All About It, Nathan, tu dis « I don’t waste my time ». Quel est votre avis à tous les deux sur le concept de « gâcher son temps », de nos jours ?

Nathan : Alors… Cette chanson-là fait référence à une personne avec qui on a travaillé. Et… (rires). Ça s’est mal passé, j’étais très en colère. Ni à cause de moi, ni vraiment à cause de lui, mais le refrain attaque directement ce genre de situation. Durant six ou huit mois, on a stagné, rien n’a été fait, un temps fou a été gâché durant cette période. J’ai voulu écrire quelque chose là-dessus.

STC : Ah, rien à voir avec le temps perdu dans les transports en commun ou un truc du genre…

Nathan : Non, je fais vraiment allusion au business, ici. C’est plutôt par rapport à une durée consacrée au travail pendant laquelle tu es condamné à ne rien faire, de genre de frustration.

STC : Est-ce que dans le cas de celui-ci, on peut parler d’un concept album ? Y a-t-il une trame derrière chaque titre, ou dans leur enchaînement ?

Nathan : Je ne sais pas, il me semble qu’il n’y a pas d’histoire à proprement parler, je n’écris pas dans ce sens en ce qui me concerne. Chaque chanson parle de gens, de relations que j’ai vécues, d’interactions. Il y en a une sur mes grands-parents, une sur mon frère et son ex, mais chut, il ne faut pas le dire. C’est plutôt un catalogue d’observations.

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STC : Mais alors, s’il n’y a pas de fil conducteur, qui est cette femme sur la pochette, et qu’a-t-elle à voir avec tout ça ?

Nathan : C’est le personnage que j’avais en tête en écrivant I Don’t Need You Loving. Cette femme apparaît en réalité dans plusieurs chansons tout au long de l’album si on veut, Tell Me Why, High Class Women… Elle porte les caractéristiques de plusieurs intervenants dans les situations qui m’ont inspirées.

STC : En montrant la pochette à quelques sujets cobayes, tout le monde avait une histoire différente à imaginer concernant la scène qui y est dépeinte

Colin : Ah génial, c’est cool que les gens le prennent comme ça !

Nathan : Même si cette nana reste fortement inspirée de l’ex de mon… Bref ! (rires)

STC : Promis, on ne dira rien… Sinon, vous avez proposé un clip pour l’un des titres de cet album, I Don’t Need Your Loving, justement. Avez-vous pour projet d’en réaliser un autre ?

Nathan : Oui, tout à fait. Une prochaine vidéo va sortir, et c’est une vidéo en live, qui a été filmée pendant la tournée que nous avons faite avec Steel Panther. Elle sortira juste après l’album. Il s’agit du morceau Taking The Blame, c’est une séquence qu’on avait prise à Vienne, et qu’on a gardée pour le clip, parce que c’était une salle incroyable. C’est aussi histoire de montrer un peu aux gens de quoi ça avait l’air.

STC : Racontez-nous un peu d’ailleurs, ces dates avec Steel Panther ?…

Nathan : C’était dingue.

Colin : Très reposant, c’était sympa. (rires) Non en vrai c’était incroyable, on s’est beaucoup amusé autant qu’ils se sont amusés eux-mêmes je crois.

Nathan : Totalement, tout le monde voit ça comme un monde si sérieux, et eux te montrent à quel point ça ne l’est pas, c’est du rock’n’roll. Notre meilleur show était celui de Paris, la foule était tellement dense et motivée, très énergique.

Colin : Lille aussi était un concert très cool. Non sans déconner, les concerts en France m’ont vraiment marqués.

STC : Avec plaisir, alors ! On pense que cet album va produire son effet aussi, on vous le souhaite.

Nathan : Je l’espère aussi, j’ai vraiment hâte de rencontrer le public, d’autant plus que je me sens réellement plus confiant, plus assuré en tant qu’auteur sur cet album, plus que jamais.

STC : Au fait, par rapport à ta carrière personnelle avant le groupe, profitons d’en discuter aussi, peux-tu nous décrire quelle est la principale différence entre les plateaux télés et ce que tu vis désormais avec Inglorious, Nathan ?

Nathan : Je fais la même chose, à mon avis. Mais en groupe, je n’ai pas à obéir à ce qu’on me dit de faire. À la télé, tu dois regarder telle caméra, à tel moment, faire attention aux chorégraphie exécutées par les danseurs… Sur scène, on fait ce qu’on veut. J’aime être sur scène, parce que je m’en fous, je peux faire n’importe quoi. Surtout depuis que le line up est plus stable, on sent tous ensemble à quel point l’énergie est solide, et sur cette base, on donne tout. En échange, si on reçoit une réaction appropriée du public, alors là, c’est encore mieux.

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STC : En parlant du public, j’ai vu que vous leur consacrez pas mal d’attention sur les réseaux sociaux. Il y a même des vidéos qui ont été diffusées en direct de vous à la piscine.

Colin : Mais oui, on reste en contact avec eux, c’est un très bon moyen !

Nathan : J’aime beaucoup échanger avec les gens qui nous suivent. De base, ce sont des personnes qui ont les mêmes goûts musicaux que nous, qui aiment venir nous voir faire ce qu’on aime faire. La base ! Je réponds le plus possible à leurs questions, et c’est pareil sur Twitter, ou Instagram, Messenger… On aime beaucoup interagir avec nos fans. Tant qu’on le peut, on a la chance pouvoir encore le faire nous-mêmes, on s’y adonne avec plaisir.

Colin : Il n’y a rien de tel que recevoir une attention authentique, alors on répond de même aux gens.

STC : Bon, les gars, on vous retrouve en festival cet été, n’est-ce pas ?

Nathan : Oui, tout à fait, au Hellfest comme on disait, et aussi au Graspop, notamment.

STC : On vous souhaite de vous éclater, et on vous y retrouvera avec plaisir ! Dernière question, le moment expression libre de l’interview : quels sont, pour chacun de vous, vos animaux spirituels respectifs ?

Colin : Un rhinocéros. (rires)

Nathan : Ah, ha, c’est tellement vrai ! En ce qui me concerne, je suis terriblement obsédé par les lions, alors je vais te dire un lion, évidemment.

Vous l’avez compris, INGLORIOUS arpentera les routes cet été, et on risque fort de les y retrouver nous-mêmes. Suite au prochain épisode.

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