LIV SIN : Entrevue avec LIV JAGRELL

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Les fans de SISTER SIN n’ont pas de soucis à se faire, LIV JAGRELL est de retour après la dissolution du groupe suédois fin 2015. Le nouveaux départ de la chanteuse s’incarne dans LIV SIN, une nouvelle formation dont l’album « Follow Me » sera disponible à partir du 28 avril 2017. Sleaze This City a eu le plaisir de rencontrer LIV elle-même afin de faire le point sur son retour imminent.

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Sleaze This City : Tout d’abord, il est intéressant de noter que bien que ce projet soit nouveau, l’emphase sur le mot sin est toujours bien présente. Pourquoi ce mot revient-il dans l’esthétique de ton univers ?

Liv Jagrell : En vérité, il n’y a pas vraiment de sens là-derrière. C’est principalement pour garder un peu du nom Sister Sin, afin que les gens aient un point de repère. C’est plutôt marrant, puisque le mot se trouve aussi dans le titre Mortal Sin que j’adore par ailleurs, je me suis dit « Mais en effet, ce mot est partout ! », alors pourquoi ne pas l’utiliser à bon escient ? En tous cas, il n’y a pas grand-chose à rattacher entre moi et la définition d’un péché, il s’agit plutôt d’un moyen de connexion entre le groupe et moi.

STC : Tu as pu échanger et travailler avec Stefen Kaufmann (Accept, Udo, nldr). Comment vous est venue l’idée de bosser ensemble ?

Liv : Le truc, c’est qu’après avoir tourné une paire de fois avec Udo du temps de Sister Sin, même si Stefen a quitté le groupe peu après, on s’est rendu compte qu’on s’entendait très bien. C’est quelqu’un d’investi, dès qu’il apprécie quelqu’un, il cherche à donner des conseils et à en apprendre plus sur la personne. Dès notre première rencontre, il avait des choses à me suggérer pour que j’améliore mon chant. Un jour il nous a dit qu’il aimerait produire un album avec nous, mais à cette époque ça n’a pas abouti pour des raisons diverses. Quand j’ai décidé de refonder un projet, au départ je ne savais pas par où commencer. J’ai toujours mon manager auprès de moi, le même que celui de Sister Sin, mais je me suis rappelé de l’offre de Stefen et c’est ainsi que j’ai pensé à le contacter. Désormais, Kaufman fait tout un tas de trucs, mais il enregistre des groupes la plupart du temps. Il a participé aux étapes de pré-production, puis lorsque nous sommes allés enregistrer en Allemagne, dans son studio, il a assumé le travail d’ingénierie. Il a joué un rôle prépondérant dans la création de l’album, en fait. Bien qu’il ne soit pas trop du genre à redire des choses sur nos chansons, il les améliorées en tant que producteur. Grâce à lui, notre son est au plus près de son essence. Son expérience lui permet de dire beaucoup de choses, et même si on s’est un peu battus parfois, le compromis qui en a découlé montre bien qu’il a finalement exactement compris ce que je voulais faire.

STC : On s’imagine aisément que ce n’est pas le seul qui t’a proposé de collaborer, est-ce qu’il a été difficile de refuser des opportunités pour toi ?

Liv : C’est vrai que les demandes pleuvaient de tous les côtés. Plein de gens souhaitaient faire de la musique avec moi quand ils ont appris la fin de Sister Sin, mais la plupart me proposaient de la pop, ou pop rock, party rock, du metal industriel, du sleaze, que des trucs qui ne sont pas trop mon genre. Rares sont ceux qui m’ont immédiatement dit « Viens, on va faire le truc le plus coriace et le plus heavy du monde ». Pas mal de producteurs candidats ont tenté de me rendre plus soft, mais autant te dire que c’est un combat perdu d’avance. (rires)

STC : Kaufman n’a pas du tout touché au style que les fans de Sister Sin apprécient, alors.

Liv : Pas vraiment. Dès notre arrivée en Allemagne, comme je te disais, c’est lors du travail sur Hypocrit, la deuxième chanson de l’album, que j’ai été soulagée de son approbation et que je me suis dit « Dieu merci, on va vraiment faire un album de metal avec ce type ». C’est carrément le but. Peut-être même se glisser sur les ondes de radio rock au milieu des groupes américains…

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STC : Qu’est-ce qui te différencie, au sein du marché ?

Liv : Déjà, on ne fait rien de réellement oldschool, et je suis plutôt fière d’incarner un créneau qui n’est pas saturé, soit celui des chanteuses metal féminines, et ça nous donne un impact différent. Il y a des groupes géniaux menés par des nanas, Halestorm, etc., je les adore, mais ils sont déjà là ! C’est la raison pour laquelle je ne cherche pas forcément à me glisser dans une mouvance particulière. On verra si c’était le bon chemin à emprunter ou pas ! Suivre son cœur, ce n’est pas toujours la meilleure décision à prendre. Qui vivra verra !

STC : Tu nous parles de forts personnages féminins dans le rock. Tu as œuvré un petit peu avec Doro, et à la lumière de cette expérience, comment qualifierais-tu le relation entre les nanas dans le metal ? C’est plutôt bienveillant, ou bien y a-t-il ne serait-ce qu’une once de compétition entre vous ?

Liv : Il peut toujours y avoir un peu de concurrence, mais ça n’a jamais été le cas avec Doro. Elle est extrêmement gentille, et comme elle fait partie du métier depuis un sacré bout de temps, elle a cette sagesse qu’ont les habitués, ceux qui tournent depuis longtemps. On est exactement pareilles, dans le sens où on se sent comme si on faisait partie du reste des gars de la bande. Les autres filles que j’ai pu côtoyer dans le milieu sont très similaires. Je n’ai pas trop eu de problèmes avec d’autres nanas, mais après, je ne les connais pas toutes non plus !

STC : On a une question pour tous les gens qui étaient très friands ce que tu faisais avec Sister Sin : quelle partie de toi as-tu injectée dans ce nouveau projet ?

Liv : Bien évidemment, je m’attache à y mettre de ma personnalité, en tant que chanteuse et en tant que femme, car je suis la même dans toutes les phases de mon quotidien. Je peux te dire que je ne suis pas vraiment différente de la chanteuse que j’étais avec Sister Sin : ça reste moi, ma voix, mon attitude sur scène… J’ai écrit les chansons en adoptant la même attitude que d’habitude, je cherche à produire quelque chose de catchy, que les gens peuvent retenir, et qui conserve une intensité que je m’applique toujours à rechercher.

STC : Les raisons pour lesquelles Sister Sin n’existe plus sont connues ; il avait été divulgué que c’est l’essoufflement général, et les difficultés dues au rythme de vie et à la trop importante implication vécue par certains membres du groupe qui avaient mené le groupe à sa fin. Mais du coup, en ce qui te concerne, comment tu tiens le coup ? C’est quoi ton secret ?

Liv : (rires) Je crois qu’il y a deux choses essentielles qui me permettent de continuer et de ne pas faire de burnout. Evidemment, quand je rentre à la maison après une série de festivals, je suis complètement morte ! Mais j’ai besoin de me remettre au travail rapidement. Je ne peux pas rester sans rien faire très longtemps. Déjà, je ne suis pas le genre de personne qui aime passer du temps à la maison sans rien faire. Ensuite, pour parer le manque de sommeil et la fatigue physique, étant donné que je suis coach sportif, j’ai une routine de sport en béton. Ce n’est pas de trop, et ça me met particulièrement en forme de me dépenser de la bonne façon. Je fais énormément de cardio, je ne bois pas souvent d’alcool, je me nourris sainement, et la machine tourne. Pour moi, le plus important c’est de toujours assurer d’un show sur l’autre, alors je mobilise le maximum de mes capacités pour m’en rendre capable. Pour ma voix, j’essaie de dormir le mieux et le plus longtemps possible, même en tournée. Si tu n’essaies pas de te maintenir correctement, évidemment que tu t’effondres.

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STC : Et donc, dans ton autre métier, tu entraînes des gens, c’est ça ?

Liv : Oui, je coach des gens, seul à seul ou parfois en groupe, et je suis très intéressée de constater chez les sportifs à quel point tout marche ensemble. L’esprit, le corps, et la posture, aussi. Je m’inspire dans mes trainings de certains enseignements tirés du yoga, qui influence considérablement l’état mental par le physique. Il faut juste savoir comment bien s’entraîner, et tout va mieux !

STC : C’est extrêmement inspirant, peu d’artistes de ton rang peuvent prétendre à un mode de vie aussi healthy, merci pour ces conseils ! Par ailleurs, tu es une amoureuse des animaux. Es-tu en mesure de défendre cette cause à travers la musique ?

Liv : Justement, j’ai très envie de faire apparaître davantage mes engagements personnels dans ce nouveau projet. Avec Sister Sin, on s’était fixé d’essayer d’éviter le discours politique ou engagé. Désormais je remets les compteurs à zéro, et pourquoi pas, dans des morceaux à venir, faire apparaître mon combat dans des sorties ultérieures. Je songe à écrire sur les droits des animaux, mais ensuite, il faut que ça colle avec le reste de l’album, la mélodie, etc. La vie animale est condamnée si on continue comme ça, et j’ai l’intention de sensibiliser les gens davantage.

STC : Parlons un peu de culture scandinave. Il y a quelque chose qu’on serait curieux de savoir, et sur quoi on aimerait avoir ton point de vue. Il paraît que les suédois les norvégiens et les finlandais se font un peu la guerre…

Liv : (rires) Ce n’est pas qu’on se déteste, non, mais il y a une sorte de rivalité, oui. Rien de bien violent, mais c’est un peu comme une sorte de moquerie entre frontaliers, c’est tout… Il y en a même qui font des blagues du genre « Alors, c’est un finlandais, un norvégiens et un suédois qui… »

STC : Raconte nous en une ! (rires)

Liv : Ah je n’en ai pas une précise sous la main, là tout de suite, mais je sais que c’est quelque chose qui existe depuis la nuit des temps. (rires) Quand tu changes de pays, tu changes de cible, mais les pays scandinaves se charrient pas mal, c’est vrai.

STC : Revenons un peu à l’album. En regardant le clip du titre « Take Me Out », une question s’impose forcément au spectateur : d’où, ou de quoi veux-tu être sortie ou délivrée ?

Liv : Je fais plutôt référence à une situation qu’à un lieu, ces paroles parlent de s’extraire d’une mauvaise passe, d’un moment. Parfois tu pourrais faire quelque chose de stupide pour t’en tirer, même au point de le regretter plus tard, mais tu ne vois absolument aucun autre moyen de t’échapper. Les paroles prônent l’action, et la volonté de se démener pour atteindre un meilleur confort et de meilleurs conditions pour atteindre son objectif.

STC : Génial, ok. Bon, à la lumière de tout ce que tu nous apprends et de toute ta philosophie positive, on aimerait savoir : c’est quoi, ton animal spirituel ?

Liv : Oh, pas mal ! Mmh, je pense que ce serait une sorte de chat. Je suis totalement une fan de chats. Donc un chat, un gros chat, ou un plus gros félin… Peut-être même un lynx, ça rappelle beaucoup mes origines. Et surtout, n’oublions pas, il faut absolument les protéger !

Propos recueillis par Cherry.

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