PRETTY MAIDS : Rencontre avec Chris Laney lors du passage du groupe au Hellfest

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Replongez-vous un instant avec nous dans l’ambiance du Hellfest. Nous sommes samedi, Pretty Maids vient tout juste de jouer sur la Mainstage 2. Nous avons rendez-vous avec Chris Laney, nouvelle recrue qui partage la route des danois depuis peu. Leur dernier album, Kingmaker, auquel Chris n’a pourtant pas participé, ne leur avait pas encore donné l’occasion d’arpenter les salles françaises. Retour sur cette actualité en quelques questions.

Sleaze This City : Premièrement, c’est un plaisir de vous voir jouer en France, dans nos souvenirs le groupe n’est pas passé dans le coin récemment, surtout depuis que tu en fais partie !

Chris Laney : En effet, il me semble que la dernière fois, c’était il y a sept ans. Je suis arrivé dans le groupe en septembre dernier, et j’ai immédiatement noté que les fans via Facebook réclamaient notre venue en France. Et nous voici ! D’ailleurs, on sera de retour chez vous en août.

STC : Parfait, merci pour l’info. Le groupe marche depuis un bout de temps, et pour toi, qui plus est étant donné ton arrivée récente dans le groupe, quelle a été sa meilleure période ? Ce serait quoi, pour Pretty Maids, le « bon vieux temps » ?

Chris Laney : Personnellement, j’ai fait la découverte du groupe quand j’avais douze ans, c’était lors de leur passage dans une émission danoise. J’ai entendu le titre Fantasy et je suis tombé amoureux du groupe. J’ai pu suivre leur évolution à travers les décennies suivantes, et pour répondre à ta question, je dirais que la fin des années quatre-vingt sort du lot. Toutefois, quand j’ai entendu l’album Pandemonium, qui est sorti en 2010 il me semble bien, je me suis aussi pris une claque.

PrettyMaids1Photo par Charlotte Chacha Bertrand

STC : Finalement, en lien avec l’évolution de l’industrie musicale, la vente de disques qui baisse au profit d’internet… Tout le monde est maintenant capable de vous découvrir ou vous redécouvrir grâce aux différentes plateformes.

Chris Laney : Totalement, et d’autant plus que ce groupe ne s’est jamais arrêté, en fait ! Pretty Maids a le vent en poupe, on tourne plus que jamais, les ventes de tickets montent en flèche… Ça fait du bien, on sent comme une sorte de renouveau dans tout ça.

STC : On se trouve en ce moment même en plein milieu d’un des plus gros festivals du moment. Etant membre du business, es-tu toujours capable d’apprécier la musique en tant qu’auditeur ou spectateur, comme à l’époque où tu ne jouais pas encore dans des groupes ? Si tu vas voir Kiss, par exemple (Chris porte un t-shirt Kiss pendant l’interview, ndlr)

Chris Laney : Oh tu sais quoi, Pretty Maids a ouvert pour Kiss récemment, j’étais comme un gosse. J’adore la musique, on adore tous ça, de façon authentique, et c’est pour ça qu’on continue à en écrire. Je crois que c’est notre âme de spectateur plus que notre âme de musicien qui nous donne envie de faire ce boulot. De nos jours, tu as tout un tas de nouveautés sur le marché, mais quand tu composes, tu penses aussi à ce que tu aimerais y entendre, bien que submergé par l’offre actuelle.

STC : C’est génial, la preuve, le marché vous porte vous aussi. On dirait que les gens continuent bel et bien à y croire.

Chris Laney : Je t’assure, on en parlait tout à l’heure en backstage, tout le monde avait des papillons dans le ventre. Quelle chance de pouvoir livrer au public un truc en lequel on croit profondément nous-mêmes, et qu’ils nous le rendent aussi bien ! Si les papillons ne sont plus là, t’as plus qu’à démissionner. Tu sais, c’est toujours un peu stressant de jouer en festival, le public n’est pas exclusivement à toi, mais finalement, ça a été un bonheur d’aller chercher tous les autres qui étaient présents devant nous aujourd’hui.

PrettyMaids4Photo par Charlotte Chacha Bertrand

STC : D’ailleurs, est-ce que c’est ton premier Hellfest, ou bien étais-tu déjà venu avec d’autres projets ou comme festivalier, qui sait ?

Chris Laney : Non, en effet, c’est la première fois que je viens ici. En ce qui concerne Pretty Maids, c’est le deuxième Hellfest auquel ils participent.

STC : Est-ce que le groupe t’a briefé, tu en avais entendu plutôt du bien avant de venir, ou… ?

Chris Laney : Oh que oui. Ce festival a une réputation auprès des groupes, et on m’a dit que ça allait être une sacrée virée de venir y jouer. Le public est particulier, tu vois des sourires dans la masse, ça change des festoches où le public a l’air de faire toujours la tronche. Je ne dis pas qu’ils n’apprécient pas leur moment ! Mais il faut dire que le public du Hellfest est autrement expressif.

STC : Est-ce que tu as l’impression que la France incarne bien le rock ? Parce que nous, on a des doutes, parfois.

Chris Laney : Mais ouais ! En vérité, avant de jouer professionnellement, j’ai une activité de producteur. J’ai bossé un petit peu avec des artistes français il y a une dizaine d’années, et ils m’ont montré de quoi les groupes français sont capables. Et puis même, en tant que fan de Kiss, je peux te dire à quel point ils aiment la France, par exemple. (rires) C’est fou, ici, les gens qui participent à ce genre de manifestation ont l’air de venir de tous les milieux, plus ou moins extrêmes, représentent tous les âges, c’est incroyable.

STC : On aimerait maintenant parler un peu de Kingmaker. C’est la première fois dans la carrière du groupe qu’un album présente une dimension philosophique très contemporaine, ici autour du pouvoir et de l’humanité en général. En ta qualité de petit nouveau, qu’est-ce que tu en penses ?

Chris Laney : On en a pas mal parlé avec le groupe. Ce que j’aime avec cet album, comme tu dis, c’est qu’il rapporte quelque chose, un propos perceptible. Pas simplement du « yeah, rock’n’roll, allons-y, faisons la fête ». Il recèle un sens tout autre. Je trouve qu’il y a vraiment beaucoup de bonnes choses dans Kingmaker, non seulement dans l’engagement et dans les riffs. Ça me plaît de le porter aux oreilles du public avec le groupe.

PrettyMaids2Photo par Charlotte Chacha Bertrand

STC : Donc là, vous tournez un max, et après, déjà des choses sur la table ?

Chris Laney : Bon, imagine-toi que le dernier concert de la tournée aura lieu seulement l’année prochaine (rires). Il nous en reste une paire. Cet automne on mettra en avant Future World à l’occasion des trente ans de l’album dans un set très spécial, et au sortir de ça, on va à nouveau repenser la setlist pour finir la tournée. Ça va être fun.

STC : Tu m’étonnes, ça n’est pas trop compliqué de changer de setlist en plein milieu d’une tournée ? Est-ce que ces changement interviennent en fonction du public ?

Chris Laney : Ils le font tout le temps. Pas forcément au regard du public. Il y a deux ou trois chansons qu’on ne peut pas omettre, Please Don’t Leave Me pour ne citer que celle-là, qui marchent encore mieux dans certains pays, au Japon par exemple. On reste sur une base d’une grosse vingtaine de titres en concert, et l’idée, c’est de constamment essayer de les faire varier. Littéralement, je t’assure, un membre du groupe peut très bien nous sortir « Oh, venez, on devrait jouer celle-ci », et tout le monde admet « Oh ouais, on devrait l’essayer ce soir ! ». On ne sait jamais exactement ce qu’on va jouer. (rires) Ça fait partie de la recette des papillons, tu sens d’autant plus cette excitation particulière si tu vas un peu vers l’inconnu.

STC : Si certains de vos fans vous suivent en tournée, en fait, ils peuvent voir un show différent d’un concert à l’autre au sein de la même tournée.

Chris Laney : C’est l’idée, et ça arrive, en fait. Cette façon spontanée de penser illustre notre vision de la musique, on se rapproche le plus possible du public. On peut très bien se mettre à jammer sur un air en plein concert, juste parce qu’on en a envie. Pretty Maids rend bien compte de l’idée que nous avons tous, c’est-à-dire de ne pas non plus prendre la musique trop au sérieux. Avant tout, c’est purement du fun, si tu délaisses cet amusement, ce n’est plus la peine. On se marre tout le temps. Surtout sur scène, on remarque de ces trucs de là-haut, parfois…

STC : Tiens, c’était quoi, ton tout premier concert à toi, dans le public ?

Chris Laney : Justement, tu vas rire, j’avais douze ans et c’était un concert de Kiss, pendant le Lick It Up Tour. Ça peut sonner cliché mais je m’en fiche, mais c’est ce qui m’a donné envie. Tu peux demander à ma mère, je te jure, c’est la première chose que j’ai dite en rentrant, « Je veux faire du rock’n’roll ». Et jusque-là j’ai produit des choses, mais je n’aurais jamais pensé qu’une telle opportunité allait se présenter quand on m’a proposé de rejoindre Pretty Maids. Je n’aurais jamais pensé refaire de tournée, et pourtant.

PrettyMaids3Photo par Charlotte Chacha Bertrand

STC : C’est quoi les mauvais aspects de partir en tournée pour toi ?

Chris Laney : L’attente, l’attente, et encore de l’attente. Dis-toi qu’on est arrivés ici jeudi après-midi pour jouer cinquante minutes aujourd’hui. C’est magnifique, mais c’est aussi beaucoup de trajets et de déplacements avec les désagréments qui vont avec. Je te promets que ces cinquante minutes en valent totalement le coup.

STC : D’ailleurs dis-nous en plus, qu’as-tu pensé de votre performance aujourd’hui ?

Chris Laney : C’était cool. On a rencontré quelques problèmes techniques, ce qui fait partie du folklore surtout en festival, mais j’ose espérer que le public ne s’en est pas trop rendu compte. Pendant les premiers morceaux, perso, je me concentre encore plus, parce qu’il faut tout mettre sur les rails. Ensuite, je commence à lever davantage la tête, à regarder les gens, et c’est là que se trouve le véritable spectacle pour moi.

STC : D’après ces considérations, tu préfères les grosses scènes de festivals ou bien les shows en salle en mode headline ?

Chris Laney : Je ne peux pas choisir, c’est trop différent, mais à la fois, le feeling est le même. Les deux ont leurs charmes. Quand on tourne seuls, il y a tout un tas d’outils et de conditions qui nous manquent quand on joue en festival, par exemple, ici tu n’as pas le temps, tu entends l’intro et tu te dis « Ah, ok, c’est maintenant ! » (rires) Mais c’est marrant aussi.

STC : Personnellement, si tu devais décider pour le groupe, tu serais partant pour un Hellfest 2018 ? Si on devait te faire signer un papier là, tout de suite ?

Chris Laney : Oh ouais, carrément. Donne-moi le papier ! (rires)

STC : Une toute dernière petite question avant de te lâcher, dis-nous tout en un seul mot, c’est quoi ton animal spirituel ?

Chris Laney : Je dirais la tortue, j’adore les tortues. Voilà.

Pretty Maids fait partie de l’affiche du festival Hard Rock Session à Colmar le 6 août prochain, au cœur d’une tournée qui prendra fin l’année prochaine outre-Atlantique. Sur la fameuse croisière Monsters Of Rock, check it out, ça fait rêver.

Propos recueillis par Cherry

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